De retour d’ici très bientôt. Je suis occupée à un contrat d’écriture particulière, une expérience dont je donnerai très certainement quelques échos…
illuminée gauchiste
Internet ça peut être très drôle, même dans l’adversité…finalement tout est une question de lecture. En cliquant sur une source récurrente de visites de mon blog je tombe sur ce qui suit, posté il y a deux jours par une certaine Anne-Ys sur un forum , elle y répondait à un autre intervenant :
“Le concept de “désobéissance citoyenne” est légèrement différent : Elle est prônée par des gauchistes, non pour défendre les droits des Français, non sur des lois anciennes ou des principes immanents; mais sur leurs passions qu’ils cherchent à imposer par la force.
Je te mets un lien exemplaire d’une illuminée qui a décidée de son propre chef des droits “imprescriptibles” des clandos à s’imposer chez nous :
http://anneelisa.wordpress.com/2009/04/0…
Ce droit là n’existe pas. Il est purement inventé pour des motifs sentimentaux. Il s’agit d’imposer illégalement aux Français des charges dont ils ne veulent pas.
A la limite donc, à la désobéissance citoyenne des fanatiques des sans-papiers, j’oppose le droit imprescriptible de révolte stipulée dans la Constitution Française. Nul n’a le droit de modifier la structure du pays en nous imposant une colonisation massive. Cette désobéissance justifiant notre révolte face à un comportement totalitaire, irrationnel, tyranique et contraire aux intérêts, à la sécurité et à la liberté du peuple Français.
Vive la France.”
L’illuminée gauchiste c’est donc moi. Le ton du commentaire est assez savoureux mais le “vive la France’ qui le clôt comme un crucifix brandi pour repousser Satan me fait vraiment marrer.
le lien en question renvoie à un de mes anciens articles sur l’affaire des clandestins de Calais et des personnes interpellées pour les avoir illégalement aidées.
L’eau à la bouche au Québec
J’avoue avoir été pour le moins surprise que l’on m’apprenne que mon livre, L’eau à la bouche, a été acquis en aôut 2009 par la bibliothèque d’un collège…et même, disons-le très mal à l’aise….. A cet âge, que l’on cherche à lire ce qui est défendu, c’est normal, mais trouver cette littérature dans la bibliothèque de l’école, ça l’est moins. Bon, peut-être dans une section sous clef pour les profs…
Je suis donc allée voir sur le net quel était ce mystérieux collège audacieux.
Eh bien, ce n’est pas en France que cela se passe mais au Québec, à Sainte Geneviève, à l’ouest de Montréal, plus précisément au collège Gérald Godin, présenté comme un collège unique, jeune et prestigieux et …public. Rien de moins ! Un collège, au Canada, accueille de jeunes adultes (et formation continue) et non des gamins. Le site est idyllique, c’est vrai….

Effectivement, page 13 de la liste de l’acquisition d’ouvrages de l’été 2009, L’eau à la bouche figure bien entre Ecrire, la liberté, de Simone de Beauvoir et le musée imaginaire de Marcel Proust…
Du coup (et je me paie le luxe de me la péter un peu puisque cette promiscuité avec Simone et Marcel est très …improbable) je suis très honorée de figurer sur les étagères de cette bibliothèque éducative, d’autant plus que la devise-défi du collège Gérald Godin est “réaliser le meilleur de soi-même” . Je ne doute pas qu’avec la lecture de mon livre, le défi sera relevé, si j’ose dire. Je suis même partante pour aller leur faire une petite conférence sur ce que je conçois de la chose, j’adore le Québec et les québécois. Mes moufles et ma tuque sont prêtes.
entre vie et trépas, que sais-je de son ventre qui s’ouvre ?

Louise s’était assise sur ses talons mon sexe toujours fiché en elle, elle se soulevait en cadence irrégulière pour rythmer ses propos, m’interrogeait et s’exclamait en s’enfonçant jusqu’à la garde dans un clapotis de flaque puis elle avait relevé des yeux arrogants vers moi pour me décrire en suivant de son ongle le tracé des veines gonflées de mon cou, les vertes funérailles qu’elle voulait m’offrir.
Je te ferai de modestes écobsèques à l’italienne en t’enfouissant sous les racines d’un arbre que je planterai sur le bord d’un chemin de terre chaude. Replié comme un têtard dans un cocon en amidon de plantes, tu te décomposeras dans ta capsule spongieuse en nourrissant l’arbre de ta chair et de tes rêves défunts, la vie se repaît de pourritures, de la putréfaction naît la beauté, je te verrai bourgeonner, fleurir, verdir, jaunir et puis t’effeuiller dans une pluie dorée sous laquelle je me caresserai en songeant à celle que tu faisais gicler sur ma bouche assoiffée. Sans que le temps ne s’enfuie! Plusieurs saisons.
Au souvenir du jet brûlant éclaboussant son visage, elle se cambra en jouissant un peu, jeta son visage sur ma poitrine, ses reins creusés dressant sa croupe comme un coeur d’abbatiale romane.
Et quand je me dépouillerai de mes guêtres à mon tour ajouta-t-elle en relevant son visage aux contours amollis par le plaisir, ce sera dans le même trou de plantation que le tien, mon corps cryogénisé y sera pulvérisé pour exciter les vers nourriciers engraissés de ta chair.
L’appétit des nécrophores jetait de l’huile sur le feu intérieur de Louise, ses yeux étincelaient, son jus coulait sur mon ventre, elle se gargarisait avec ses mots.
Nous forniquerons avec eux poursuivit-elle, une orgie à développement durable exonérée d’écotaxe. Baiser écologique au moins dans la mort. Il faut partir proprement après avoir salopé la terre et l’eau. Des milliards de capotes intoxiquent la terre chaque année, sans compter les forêts d’hévéas qu’elles ravagent, y as-tu pensé ? Sauver sa peau ou la terre. Nous sauvons notre peau, pas celles à venir.
Ses doigts malmenaient mes tétons qu’elle voulait mordre. Je lui avais enfoncé sa culotte dans la bouche pour ne plus l’entendre, je voulais la baiser en paix tant que mon amour ne suffoquait pas dans le sas de son foutu sablier, tant que j’étais moi-même bien vivant, sans devoir disputer son cul à une armada de vers en rut. Mon corps en charogne, les forêts dévastées et les décharges de capotes non biodégradables auraient dû pourtant me faire débander. Mais sa voix basse, ses yeux salopes et ses muqueuses incandescentes raidissaient mon sexe. Des envies d’absolue et vaine possession exacerbaient mon désir d’elle. Sa bouche de dentelle noire portait déjà mon deuil, ça l’excitait d’être empêchée, bâillonnée par sa petite culotte qui la faisait saliver à la commissure des lèvres, l’écume mousseuse coulait sur son menton, privée de mots elle râlait des sons rauques d’animal. L’harmonie de ses traits subitement durcis par sa boulimie fiévreuse perdait de sa douceur, son regard s’égarait, sa bouche déformée par le bâillon devenait obscène.
J’étais fasciné par la métamorphose de son visage, le bouillonnement de son appétit trivial gommait sa beauté trop convenue pour s’y inscrire en rictus lubrique, son monologue pervers l’avait nettoyée de sa décence, dévastée et enlaidie, débarrassée de sa mue d’apparat, elle était subitement devenue fabuleuse gorgone, vulnérable et conquérante, ses yeux rivés aux miens me dévoraient sans me voir, je ne pouvais la rejoindre dans son plaisir; que sais-je des jouissances de Louise, de la sensation de ses seins durs et dressés, du rouge à son cou, de son ventre bombé par la dilatation de ses chairs, de son con gonflé et dur, de son douloureux désir qui rétroverse sa croupe ? Que sais-je de son ventre qui s’ouvre immense comme celui de l’océan pour l’engloutir dans ses lames de fond, la bousculer dans les remous des déferlantes dans lesquelles elle se plait à jouer ? Elle ne jouissait pas de moi, elle jouissait d’elle par moi planté dans son corps cabalistique. Dans ces instants là, bien qu’ arrimée à mon sexe inquisiteur qui la fouillait, ses jouissances disloquaient notre lien jusqu’à l’acmé qui me la rendait échouée dans mes bras, hagarde et épuisée, elle revenait alors à moi, sans qu’aucun mot ne sache rien dire du séisme. Mais j’aimais avant que la multiplicité des orgasmes ne la terrasse ou que je me laisse emporter à mon tour dans ce maelstrom, la regarder longtemps errer seule sur la crête de cette obscure et insensée chevauchée, encore et encore la laisser se repaître du temps qui existait enfin. Les convulsions de son visage et de son ventre, ses silences et ses cris nourrissaient mon plaisir et quand bien même je ne pouvais plus maîtriser le raz de marée de mon sperme aspiré par son ventre pour mettre fin à son échappée solitaire dont je me croyais le maître, submergés ensemble par cette chimie orgasmique mâle et femelle jamais miscible, je jouissais pétrifié, alors aussi solitaire qu’elle qui ne savait rien non plus de mes propres saisissements, le corps raidi comme celui d’un cadavre, le cerveau et le sexe court-circuités, électrocutés, la conscience brouillée par l’expulsion de mon sperme, seuls nos bras enchevêtrés, nos peaux accolées, nos bouches ouvertes et les contractions de nos corps nous donnaient écho de notre volupté.
Et parce que là, Louise transfigurée me bouleversait davantage encore, je rageais que quelque magie n’existât pas pour rien qu’une fois éprouver physiquement, dans mon corps, mon cerveau et mon sexe ce qui la transportait ainsi. Je m’étais redressé un peu pour la prendre contre moi, enlacés nous nous balancions comme des autistes, imbriqués l’un dans l’autre, elle dégoulinait sur mes couilles et sur le drap, je la délivrais de son bâillon et niquais avec fureur ses prophéties morbides et mon amour létal en sursis. Entre vie et trépas.
AB , extrait “que sais-je du rouge à son cou” © B74K194
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crédit images : – Ariane Frelin, argile, atelier Tourrettes sur loup
- Affiche expo Picasso érotique
enfance
Mais que sait-on de ces solitudes là, de ces silences d’enfance, de ces imaginaires libérés des contraintes et des convenances ? Je me souviens de mes rêves en Technicolor, cachés entre mes tresses comme des trésors . Rien qu’ à moi.

Il me reste de ces années là , précisément celles-ci, le goût du silence et de la rêverie. Sans fin je regardais filer le sable entre mes doigts, je découvrais qu ‘il est illusoire et vain de refermer la main.

Laissez-moi aller mon chemin, ce petit sentier hors du monde ilfoyakafokon
