Critique de Que sais-je du rouge à son cou

A propos de  de mon roman Que sais je du rouge à son cou ?   une nouvelle  critique  publiée sur Esprits libres – Pluralismes

J’en profite pour signaler que ce titre est désormais aussi disponible en version papier.        ⇒ Sur Amazon par ex

Extrait de la critique d’Esprits libres  :

Tu me tues, tu me fais du bien…rougecou800

A propos d’Anne Bert, Que sais-je du rouge à son cou,  collection l’Intime, éditions  Numeriklivre, 2015, format numérique 5.99 euros

 

[…Félix rencontre Louise. Ils sont très différents mais ils sont attirés l’un par l’autre. Dans une folie poétique qui suinte de leur corps, ils partagent ensemble des moments de sexe. Ils apprivoisent l’éphémère, soucieux de préserver leur liberté sans passer à côté de l’ivresse des émotions. L’amour est cela, nous dit Anne Bert, « la contemplation de l’être aimé jusqu’au bord de l’équilibre ». Il y a des abîmes que l’on fréquente avec volupté.

Félix est podologue. Louise prête sa voix dans un call center. Chacun d’eux a un rapport particulier à la chair, au désir. Chacun d’eux a sa façon de se vendre. Lorsqu’ils sont allongés, ce sont parfois les livres qu’ils lisent ensemble et qu’ils brûlent par la suite qui les réunissent. Dès l’enfance, tout est fait pour « stériliser notre imagination ». Leur histoire est une façon de ré-enchanter la vie. Louise ne dit pas être heureuse avec Félix. Il y a juste une jubilation qui se promène en elle quand il est là. Le style affuté de l’auteure joue avec les mots, les désacralise. Lorsque Louise fait l’amour avec Félix, tout change en elle, jusqu’à sa voix. Jamais ils n’avaient connu pareil extase avec quelqu’un. Leur chevauchement est parfois philosophique, comme dans ces ravissements durassiens dont on ne revient jamais indemne : « Le bouillonnement de son appétit trivial gomme sa beauté trop convenue pour s’y inscrire en rictus lubrique, son monologue pervers l’a nettoyée de sa décence ; dévastée et enlaidie, débarrassée de sa mue d’apparat, elle est subitement devenue fabuleuse gorgone, vulnérable et conquérante ». Lors de l’étreinte, le rouge de ses lèvres trace des lignes de fuite sur le cou de son amant. Louise ne jouit pas de Félix ; elle jouit d’elle-même à travers cette chair masculine planté dans son « corps cabalistique ». Il y a certain être avec qui faire l’amour ressemble à une expérience mystique.

La façon dont Anne Bert décrit l’intensité de cette passion, qui se consume avec une violence progressive jusqu’à son paroxysme….. lire la suite

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