A vous tous , si formidables

Vous êtes tellement nombreux depuis le mois de mars, tellement présents aux quatre coins de la France et même de l’Europe à me témoigner votre présence et votre soutien dans cette lutte pour obtenir légalement notre liberté de  disposer de notre existence jusqu’à la fin de note vie, que je ne parviens pas à répondre à tous vos e-mails ni à votre courrier postal.

Je ne suis pas suffisamment douée pour dompter mon Dragon de logiciel vocal,  et bien que j’essaie aussi souvent que je le peux d’envoyer deux ou trois messages,  j’avance trop lentement, j’en ai des centaines et d’autres  arrivent chaque jour , l’été avance, alors je tiens dès aujourd’hui à vous dire combien je suis touchée par vos intentions, votre attention, votre présence affectueuse même si la plupart du temps nous ne nous connaissons  pas,   touchée par votre attachement à la liberté, souvent votre désespérance à subir ce que l’on veut vous imposer, touchée par vos confidences si intimes, si secrètes et indicibles,  et par ce qu’on vous oblige à faire ou à ne pas faire, par votre désobéissance parfois, bref merci infiniment pour ces partages. Assurément nous ne sommes jamais seuls.

Vous m’écrivez, actuellement concernés ou non par la maladie et la fin de vie,  vous êtes de toutes générations, de tous milieux, et même lorsque vous me dites dans vos messages et lettres ne pas savoir  ou avoir les mots, la « bonne »  façon de dire et d’écrire, vous trouvez la manière juste, intense, profonde, réfléchie et courageuse qui force l’admiration. C ‘est moi, oui, qui vous admire de prendre le temps de vous exprimer ainsi, si calmement, si dignement, de me faire part de vos convictions et/ou de vos chagrins,   et pour certains même le temps  de prendre du papier, un stylo, d’écrire de votre main, parfois de dessiner, de choisir une carte, de jolis timbres juste pour le plaisir des yeux, et de confier au hasard et aux bons soins de la poste votre missive avec une vague adresse, juste mon nom et une ville, pas forcément la bonne, mais qui arrive toujours…

c’est tout de même un signe, non ? si  même la Poste,  service public français,  nous aide en marge des normes administratives , à nous fédérer pour cette juste cause que l’état français nous refuse .

Lorsque nos gouvernants affirment qu’il faut prendre le temps de laisser vivre la loi Léonetti, ils nous disent en fait qu’il faut prendre le temps de laisser mourir les Français qui réclament le droit à choisir l’euthanasie,  prendre le temps de les observer agoniser lentement.
Si je n’étais pas farouchement  attachée au secret de la correspondance, je rendrais publiques tous vos  témoignages qui attestent que je ne suis pas un cas particulier comme le prétend Agnès Buzyn, la ministre de la santé.

Parce que vous n’êtes pas audibles dans le huis clos de vos familles ou dans le cabinet des médecins, ceux qui ont le pouvoir sur la fin de votre vie veulent vous ignorer. Mais je  sais que vous êtes là, même au cœur de l’été, tenaces dans votre volonté d’exercer votre liberté, vous me donnez la force de lutter jusqu’au bout, je le ferai pour  vos convictions et votre légitime revendication,  pour vos proches que vous avez vus mourir dans des conditions contraires à leur volonté, et pour tous ceux qui s’y trouveront confrontés demain.


Et, à votre intention,  y compris les rares personnes qui m’ont écrit leur désaccord mais nous reconnaissent le droit de choisir,  je reprends  des mots d’une  belle lettre reçue hier, et vous dis avec les mots de cet homme :

 » Vous êtes notre courage, notre honneur et notre dignité.

Je vous serre dans mes bras. »

PS : signez la pétition à l’intention du gouvernement pour réclamer une loi en faveur du droit à choisir l’euthanasie et le suicide assisté. Mise en ligne par une amie.

dav

 

 

4 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Elisa dit :

    Bonsoir Anne,
    J’ai longtemps hésité à vous écrire mais votre temps est compté alors je me suis décidée.
    Je vous admire pour votre force et votre courage, je suis émue lorsque je vous vois ou vous entends.
    Je viens de perdre ma mère voilà à peine une semaine. Elle se paralysait petit à petit, elle sentait ses forces la quitter, sa conscience était intacte. Elle ne supportait plus de souffrir, elle me demandait « combien de temps cela va-t-il encore durer ». Elle était en unité de soin continu, donc sous surveillance avec caméra dans la chambre.
    Avant d’être malade nous avions abordé la question de l’euthanasie, question qui ne se posait pas puisque pour elle c’était une évidence.
    Elle adorait la vie, la vraie vie, même si elle avait 87 ans. Elle aurait voulu choisir le moment de sa mort, le moment ou la vie n’est plus supportable.
    Je suis venue la voir le matin ou elle est partie, j’avais dans mon sac un puissant somnifère, et la ferme intention d’abréger ses souffrances
    Je n’ai pas eu à m’en servir, elle a été délivré avant.
    Voilà le désarroi dans lequel on se retrouve, donner la mort pour apaiser la souffrance de personne que l’on aime profondément.
    Alors merci pour ce que vous faites, pour nous, pour tout ceux qui espèrent qu’enfin un jour on puisse choisir, si on le désire, si la vie n’est plus supportable, l’heure de notre mort.
    Vous êtes bien plus digne que nos politiques, qui eux n’ont pas le courage de voter une loi indispensable dans pays démocratique.
    Toutes mes pensées vous accompagnent.
    Je vous serre tendrement dans mes bras.

  2. Gantier Berenice dit :

    Bonjour.
    J’avais entendu parlé de vous il y a quelques mois mais impossible pour moi de vous écouté jusqu’à aujourd’hui…
    J’ai perdu ma maman le 4 octobre 2016, à la maison, dans mes bras, de la maladie de charcot.
    Elle avait 59 ans comme vous et je me rappelde cette phrase qu’elle répétait  » je suis emprisonné dans mon corps ».
    Elle à voulu faire comme vous, aller en Belgique mais la maladie a été trop rapide… en à peine 5 mois ma maman est parti dans la souffrance , sans dignité!
    Je vous suit dans votre combat pour mourir même si cela est dur on a le droit de choisir sa mort et celle qu’a vécu ma mère n’est pas digne .
    Vous me rapelé ma maman et je sais combien cette maladie est dur pour vous mais aussi pour les proches!
    Je pense à vous.
    Bérénice.

  3. Varzi dit :

    Bonjour Anne,

    J’ai pris connaissance de ton combat il y a peu. … Je t’ai toujours beaucoup apprécié et cette découverte m’a…. fendu le coeur….

    J’ai longtemps hésité à t’écrire… que te dire, que t’écrire, les mots semblent ici si vides de sens …

    Bien sure je pense à toi, à ta famille, à ton mari, à ta fille mon premier babysitting… Tant de bons souvenirs….

    Ton courage Anne et un exemple pour nous tous.
    Je suis de tout coeur avec toi et je pense très fort à toi et à ta famille.

    J’ai signé la pétition de ton amie car oui nous avons tous et toutes le droit de vivre et de mourir avec dignité. Notre vie comme notre mort nous appartient. Par conséquent ton combat et aussi le notre.

    Affectueusement.

  4. De tout cœur avec vous chère Madame. J’admire votre courage pour faire avancer la loi sur notre droit à mettre fin à notre vie quand nous ne pouvons plus supporter les souffrances.
    Je ne suis pas concernée à ce jour Mais si cette situation se présentait, je partage votre décision.
    Prenez soin de vous.
    Vous êtes notre avenir Madame. Car vous allez faire avancer les choses, j’en suis convaincue. Peut-être pas immédiatement, Mais votre combat est le notre.
    Merci et courage. Nous sommes nombreux Avec vous.
    Je vous embrasse tendrement.

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