Et Éros dans tout ça ?

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à 4h30 ce matin la pluie tombe doucement, la fenêtre ouverte sur la nuit tiède , le bruit de l’averse qui tape et infiltre  la terre desséchée fissurée , l’odeur du mouillé, j’attends qu’elle cesse,  l ‘aube pointe son nez,  je marche pieds nus sur la terrasse encore humide à peine rafraîchie et m’assois voûtée sur le banc de bois qui mouille ma nuisette, je n’arrive pas à savoir s’il fait frais ou tiède,  je sais juste l’humidité, je reste là sous  le saule marsault  qui s’égoutte sur mes épaules nues, une goutte roule sur le saillant et le creux  de ma clavicule décharnéee  je la sens sur mon épiderme, je suis sa lente dégringolade, j’entends un coq chanter et je me dis, quand même… et Éros dans tout ça, quand la vie s’achève ? Quand le corps emmure et se fige. Espoir, rêve, désir massacrés par l’inguérissable et le terme de la maladie.  La pulsion de vie que l’on prête à Éros, celle de la mort à Thanatos. La dualité et l’indissociable. À cette heure de la vie Freud m’emmerde. Jusqu’au bout la vie,  qui n’a jamais été éternelle. Sans aucune pulsion de mort ni de destruction.

 

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