le magazine Capital et sa polémique sur l’euthanasie

Le magazine CAPITAL propose  dans sa rubrique POLEM!K une controverse sur le droit à choisir l’euthanasie en cas de maladie incurable ou en phase terminale. Autant je salue l’initiative d’un tel dossier qui se veut objectif en préférant l’argument à l’idée toute faite   autant je déplore que quelques  arguments soient dangereusement avancés quand ils sont rapportés par des « experts » de mauvaise foi qui trompent le lecteur,

Dans ce dossier rédigé par Francis Demange, en ligne depuis avril 2007 sur le site de CAPITAL  et mis à jour le 4 juillet dernier,  je vais donc relever ce qui discrédite le développement des arguments contre . C ‘est choquant dans la mesure où ils ne répondent pas aux pour ,  donc ne suscitent pas le débat et sont même inexacts,  alors que Francis Demange  interpelle le lecteur pour qu’il se forge une opinion d’après cet argumentaire. D’autre part, celui-ci  conclut le dossier d’une manière condescendante pour les malades et demandeurs de cette loi.

 je souligne ce que je remets en question : 

Louis Puybasset, directeur de l’unité de neuro-réanimation chirurgicale du groupe hospitalier Pitié-Salpétrière, prenait en 2012 la parole dans le journal Le Monde. « Se prononcer en faveur de l’euthanasie, affirme-t-il, consiste à vouloir légaliser l’injection létale de barbituriques et de curares. Il s’agit en pratique d’exiger du personnel soignant qu’il donne activement la mort, c’est-à-dire qu’il arrête le cœur du malade pour traiter sa souffrance ». L’euthanasie, conclut le médecin, n’est pas la solution au mal mourir.

…Non !  ceci est une contrevérité, un mensonge car la loi sur le droit à choisir l’euthanasie telle qu’elle est appliquée en Belgique et dont on doit prendre modèle n’exige absolument rien des médecins ni du corps médical.C’est le malade , lorsqu’il consulte, qui doit s’assurer de trouver le médecin qui sera totalement en accord -et dès le début jusqu’à la fin – avec sa demande de choisir l’euthanasie en phase terminale ou incurable de sa maladie. Chaque médecin et soignant garde de la liberté de refuser. Sachant bien que le malade peut revenir à tout instant sur sa décision jusqu’à la dernière minute. D’autre part on n’arrête pas le cœur du malade pour traiter cette souffrance comme le prétend Louis Puybasset mais pour y mettre un terme .

L’euthanasie remettrait en cause l’interdit du meurtre, ce qui, d’un point de vue religieux, est la remise en cause d’un fondement de nos sociétés. Dans une intervention pour le Pèlerin, hebdomadaire catholique français très engagé sur la question, Bernard-Marie Dupont, docteur en médecine, en génétique et en philosophie affirmait que « tuer est un interdit fondamental dans nos sociétés. Exiger une loi qui obligerait les médecins à donner la mort soulève d’énormes questions. Pourquoi prendre « en otage » ceux qui ont prêté serment de ne jamais provoquer la mort délibérément ? ». L’euthanasie suscite ainsi une opposition forte de la part de certains médecins qui rapprochent l’euthanasie de l’assassinat.

Définition du mot meurtre :  . »Action de tuer délibérément un être humain avec violence ». Et bien sûr sans son consentement. L’euthanasie n’est pas un meurtre elle répond à une demande justifiée dans un cadre strictement balisé, et réitérée.

l’acte létal est pratiqué dans la douceur indolore

Le point de vue religieux doit-il entrer en compte dans l’élaboration d’une loi française, démocratie laïque ? La religion doit-elle être fondatrice des lois ?Est-il également normal dans un débat préparatoire à la loi sur l’euthanasie d’inviter des évêques, des prêtres alors qu’ aucune dimension ou morale religieuse ne doivent influencer le droit français ?

Et une fois encore, répétons-le, on ne prend pas en otage ceux qui sont contre l’euthanasie pour des raisons philosophiques ou religieuses, puisque jamais il ne leur sera demandé de pratiquer le geste létal

L’euthanasie, une facilité

Ce titre est obscène, tout simplement

« l’euthanasie apparaît de plus en plus comme un substitut à la mort naturelle, comme une solution de facilité qui séduit de plus en plus de patients qui ont peur de la mort

Comment peut-on oser dire que l’euthanasie apparaît comme solution de facilité qui séduit ?
Aller au devant de la mort devancer de quelques jours quelques semaines quelques mois la mort qui de toute façon va arriver est-il vraiment une décision facile, alors qu’elle relève de la chose la plus grave de notre existence, celle qui y met un terme, celle qu’il faut vraiment assumer, celle qui exige une terrible introspection, celle qui ne permet aucune défausse.
Décider de demander à bénéficier du droit à l’euthanasie est-il réellement séduisant, je me demande parfois comment les gens fonctionnent pour être capables d’utiliser de tels termes pour parler de notre fin de vie et de notre mort

Enfin , choisir l’euthanasie témoigne-t’il de la peur de la mort alors que nous voulons la regarder en face, l’accepter et que nous la réclamons lorsque l’incurable ou la phase terminale nous infligent ce que l’on juge en notre âme et conscience insupportable pour notre dignité ?

Dans un entretien pour Le Figaro, Damien Le Guay, philosophe et vice-président du Comité national d’éthique du funéraire, auteur de « Fin mot de la vie, contre le mal mourir en France », évoque l’existence d’une euthanasie économique. Une euthanasie « plus sordide, moins avouable

..les partisans d’une légalisation de la pratique auraient un « souci de rentabilité économique ».

De quoi parle ce philosophe quand il évoque l’existence d’une euthanasie économique à propos de la demande de légiférer sur l’euthanasie, telle qu’elle est pratiquée en Belgique puisque ce sont toujours les malades et uniquement les malades qui demandent à en bénéficier ?
Mais si ce Monsieur veut bien débattre de la rentabilité économique du lobby pharmaceutique à propos de la longévité à tout prix, des 15 à 20 médicaments par jour que prennent des vieillards en bout de course ou très malades pour une survivance de quelques semaines de quelques mois dans des mouroirs qui sont cotés à la bourse alors que la mort reste une étape naturelle de la vie, et que trop souvent au-delà de la raison, on  cherche à la maintenir parce qu’on se prend des dieux ou des requins , l’échange serait intéressant.

Cette loi sur l’euthanasie aura en plus le mérite d’encadrer tout ce qui se passe dans l’ombre à la seule initiative de certains, très loin de la volonté des malades, puisqu’il est de notoriété publique que de toute façon l’euthanasie pratiquée de façon clandestine ,donc criminelle, existe.

Ainsi, les soins palliatifs viennent mettre un terme à la souffrance du patient mais ne sont pas supposés provoquer son décès, même s’il arrive qu’ils rapprochent le décès

Non les soins palliatifs ne mettent pas toujours un terme à la souffrance et de toute façon ils concernent uniquement les malades déjà dans l’agonie, que ne veulent pas vivre ceux qui réclament le droit de choisir l’euthanasie. C’est bien pour cette raison que les soins palliatifs doivent être renforcés et cohabiter avec l’aide médicale active à mourir , permettant à chacun de choisir le moment venu

Finalement, l’euthanasie peut-elle concerner les malades du SIDA,

Cette question est tout simplement saugrenue…. le droit à choisir l’euthanasie doit concerner tous les malades français en phase terminale ou en cas de maladie inguérissable

Conclusion

L’euthanasie reste un débat complexe dans lequel les points de vue philosophique, juridique et religieux viennent contrer les témoignages et les demandes des patients en fin de vie.

 

La façon dont l’auteur de cet article conclut, révèle sa pensée :
les opposants au droit à choisir l’euthanasie sont capables d’apporter des points de vue et de la réflexion qui relèvent de la philosophie, de l’introspection, de la moralité etc. alors que ceux qui réclament ce droit ne sont capables que d’apporter leurs témoignages et exprimer leur demande de malade en fin de vie, donc dénués de profondeur, plus dans l’émotion de gens vulnérables, moins crédibles, moins experts,.

Encore une fois, ceci laisse à penser que les malades sont bel et bien encore et toujours sous tutelle de ceux qui disent savoir mieux les choses de la fin de vie et de la mort,

⇒ lire aussi cet entretien sur site France 5

 

 

 

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