SDF, le baiser de l’homme chien

« SDF » de Romain Didier, m’évoque  Le baiser de l’homme chien  un des textes  de mon recueil S’inventer un autre jour, qui vient de paraître aux éditions Tabou.  Il y est question de précarité, de l’importance d’un toit  lorsqu’on est en proie au désir, de la rencontre d’un sans abri  avec une femme soudainement  lasse de ses…

Epilogue (3)

Suite de Epilogue (1) et Epilogue (2) La vieille femme, pour me tirer du mutisme ahuri qu’avait provoqué ce bagage m’a questionnée sur l’état de ses finances. Elle voulait aller au restaurant. Jamais, depuis deux ans, elle ne m’avait demandé quoi que ce soit. – Cela ne changera pas grand chose à votre situation financière….

Epilogue (2)

J’ai stoppé devant la porte 9 entrouverte. Marguerite était assise dans son fauteuil bien droite, genoux serrés, son sac à main posé sur ses larges cuisses, sa canne contre sa hanche. Elle portait une robe semée de petits bleuets, sans manche, boutonnée à la façon d’un tablier. Elle attendait dans une immobilité parfaite, comme une…

achever sa vie

…….Ce n’est pas facile d’achever sa vie, même pour les petites gens. Elle dérive au fil de ses pensées décousues, se demande si René après avoir couru et nagé et pédalé, encore et encore, deviendra aussi dément que sa femme et sa belle-mère, ça ferait trois pauvres bougres dans le même logis, un vrai remède…

la caresse soyeuse

Marguerite a la tête en l’air, un grand oiseau rouge vif déploie ses ailes et vole au bout d’un fil qu’un enfant tire en courant sur la plage. L’oiseau pique du bec, plonge en rase mottes sur le rivage, puis se redresse et remonte très haut porté par le vent. La vieille femme, les mains…

ligne de fuite

…………. – alors ce n’est pas moral, pas naturel, je ne sais pas moi …. mais quand même ! – s’il faut laisser faire la nature, alors on ne doit pas chercher à nous faire vivre comme des immortels, on n’est pas des dieux. un coup ça vous arrange la nature, un coup ça vous dérange….

le jugement dernier

Putain que c’est beau ! tous ces rouges, ces bleus vifs … cette orgie de couleurs lui réchauffe les os. Pas le cœur, non. Son cœur est aux abonnés absents. Il ne ressent plus rien, plus de sentiment, plus de douleur, plus de troubles, c’est le vide, le néant. Il n’a plus de cœur, Ou…