Le lait de Louise

Un message de Louise enregistré sur mon téléphone : Peux-tu me rapporter du lait, Félix ?

Je suis un fétichiste de la phonétique. Lait. Dans la bouche entrouverte de Louise, le son lai est puissamment érotique. La plupart des gens le prononcent comme si lait s’écrivait avec un accent aigu, , alors que Louise le dit à la façon du mot gai ou laid, un son ε encore plus exagérément ouvert , coulant, déroulé par le l  et  une langue veloutée, la consonne le pousse hors de sa bouche et répand le liquide blanc… lait… je le vois couler à la commissure de ses lèvres, se déverser sur son visage, crémeux, épais, la déferlante lactée me fait bander, l’obscène poésie de ce lait articulé par Louise me fait un effet immédiat insensé, l’afflux gonfle mes bourses comme des mamelles avant la traite et je n’ai plus qu’une seule vision obsessionnelle : doucher de ma semence laiteuse chaque parcelle de son corps, que Louise ruisselle de mon lè, mon sperme n’y suffisant pas, ils sont cinq, dix, vingt sexes à l’inonder, ses paupières lourdement closes par le masque blanc, ses cheveux gominés, son ventre ivoiré, ses cuisses éclaboussées, l’affluent nacré de sa fente se jette dans le lait en crue, très vite Louise empesée ne peut plus se mouvoir, le foutre caille sur son épiderme et durcit.

Je n’ai plus alors qu’à laisser sécher le plâtre avant de l’en délivrer délicatement, les empreintes de l’insaisissable enfin révélées.

Cette façon indécente de dire lait

Ce n’est pas négociable, je ne rapporte pas la bouteille immédiatement, je ne consens à aller chercher son lait frais qu’après être venu enfouir le nez et la bouche dans ses arômes de babeurre, l’odeur du con de Louise en fin de journée, une odeur festive dont je raffole qui me raconte la femme étrange et les monts et merveilles des soies de schiste rouge de sa vulve où serpente une veine violette grenue. Alors que le matin au sortir de sa douche, Louise est à peine fendue, une nymphe invisible tire juste le bout de sa langue entre les poils bien mousseux, tout est caché, décent, innocemment rose, le sexe de Louise s’exhibe le soir en un camaïeu moite de rouges, de plis et replis et d’orifice d’une carnation moins raffinée, une sanguine d’où s’écoulent des sucs un peu louches à me damner.

Là… Louise…. Maintenant que je l’ai sur le bout de la langue, je vais aller te le chercher ton lait !

Tocade (écrite en 2012 pour le Festival Livres en tête )  inspirée  de mon roman Que sais-je du rouge à son cou ? (éditions Numerilivres )

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