En fin de vie, sous quelle tutelle sommes-nous ?

Laurie Lipton
Laurie Lipton

Décider de la façon dont on veut mourir en cas de maladie incurable, de souffrances perpétuelles et intenses qu’elles soient physiques ou mentales, de perte de dignité ou de handicap lourd irréversible, relève de l’intimité la plus extrême. Je ne conçois même pas que quelqu’un puisse moraliser sur ce choix, voire l’autoriser ou l’interdire.  Je suis une partisane farouche de la liberté de choix de fin de vie et adhérente de l’ADMD (Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité), et  je vous encourage tous, y compris les pourfendeurs de ce libre choix,  à  tout au moins désigner des personnes de confiances qui décideront pour vous  de votre sort lorsque vous ne pourrez plus vous exprimer, en suivant scrupuleusement les directives que vous leur aurez confiées.

Le dernier billet du blog de l’ADMD rappelle que la France ne sait pas dire à qui revient la légitimité pour décider, à défaut d’avoir désigné une personne de confiance, à qui revient la décision de choisir à notre place ? Sous quelle tutelle sommes-nous ? Celle d’un conjoint ? D’un frère ou d’une sœur ? D’un père ou d’une mère ? Ces batailles indécentes m’évoquent la dispute d’une dépouille par des chiens enragés qui ne témoignent finalement que de leur propre intérêt moral et nullement du respect du patient qui s’est déjà absenté du monde. Qu’un père ou une mère prétendent décider à la place de l’épouse, c’est affirmer qu’un enfant même adulte reste à jamais sous la tutelle de ses parents, et ce n’est pas acceptable.

L’ADMD propose de s’inspirer du modèle belge et de dresser cette hiérarchisation familiale :

Afin d’éviter des conflits entre des appréciations divergentes au sein d’une même famille, les membres de la famille interviennent par ordre de primauté :
– Le partenaire de vie (conjoint, concubin, partenaire pacsé…),
– Ou, à défaut, les enfants majeurs, conjointement,
– Ou, à défaut, le père et la mère, conjointement,
– Ou, à défaut, les frères et les sœurs, conjointement,
– Ou, à défaut, les cousins et les cousines, conjointement, selon le degré de parenté,
– Ou, à défaut, les neveux et les nièces, conjointement, selon le degré de parenté.

→ Site de l’ADMD

→ Documents directives anticipées et personnes de confiance (il n’est pas nécessaire d’être adhérent  de l’ADMD pour désigner des personnes de confiance et consigner les directives anticipées, mais être adhérent permet de faire défendre ses droits plus sûrement, d’être accompagné dans ses démarches, voire de militer pour la liberté de choix de fin de vie)


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