Derniers jours d’été, de Claude Alter

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Derniers jours d’été  met en scène  des liens sulfureux, l’homosexualité masculine et le tabou de l’inceste entre adultes. Le format  de ce texte érotique et transgressif,  est celui de la pièce de théâtre mais il peut se lire comme un roman, comme ceux… de la Comtesse de Ségur, chaque personnage étant nommé lorsqu’il s’exprime, dans un décor planté.

Dans ce vaudeville pornographique, un père, sa fille, son  gendre, et la redoutable maîtresse du père se rencontrent,  dialoguent et ferraillent, tous animés d’une rage personnelle.  Le père, Daniel, quelque peu obnubilé par son besoin de sexe et d’émotions fortes,déteste son gendre Claude…surtout parce qu’il  a épousé sa fille dont il est lui-même follement épris, (l’idée d’inceste le renverse)   tout en vénérant son amante Circé, une femme perverse et dominatrice. La fille, Hélène, elle, est excédée par son mari qui a de fortes tendances homo qu’elle encourage car son mari l’assomme et la dégoûte ; son père la fascine.  Quant à Circé, la maîtresse du père, elle tisse sa toile démoniaque pour faire basculer tout le monde dans les tabous qui les effraient : l’homosexualité, l’inceste. Elle bouffe tous ceux qui l’entourent.

Le ton est vif,  la transgression érotique et la pornographie maîtrisés et sans aucun cliché, les dialogues, souvent savoureux, cernent au plus près les personnages, les scènes bien visuelles, chaque pique vise juste, les haines  amoureuses fusent et répondent aux pulsions et aux désirs. Les femmes exercent leur pouvoir mine de rien alors que l’homme de pouvoir file doux même s’il s’entête à vouloir tout orchestrer. C’est indéniablement un excellent texte cru que je verrais bien joué dans un théâtre, pour peu qu’un courageux metteur en scène s’en empare.

Claude Alter,  si vous êtes attentif à ce blog, vous le connaissez puisque j’ai déjà chroniqué de lui ici-même son recueil  700 000 cigarettes.

Mais c’est aussi l’homme, sous pseudo, dont il est question dans mon roman que j’ai fait paraître aux éditions  Tabou : L’emprise des femmes.  Mon personnage n’est pas fictif, il existe bel et bien et avait initié ce roman.  Claude Alter, en publiant Derniers jours d’été a encore voulu avec ces thèmes récurrents, témoigner  du pouvoir que les femmes ont exercé sur lui durant sa vie comme si tout son être ne cessait de mordre la poussière d’y avoir trop goûté, que ce soit par devoir ou par désir sincère.

Claude Alter, Derniers jours d’été, éditions Edilivre, 149 pages, 14,50 euros.