Anatomie du désir

Hans Bellmer- Œuvre grave-
Hans Bellmer- Œuvre grave-

Comment veux-tu que je t’appelle quand l’intérieur de ta bouche cesse de ressembler à une parole, quand tes seins sont à genoux derrière tes doigts et quand tes pieds s’ouvrent ou cachent l’aisselle, ta belle figure en feu…Ton costume devrait donc faire coïncider avec tes seins l’image de tes fesses, imprimée sur le tissu en trois couleurs. Les jambes s’écarteront ainsi à droite et à gauche le long des manches rembourrées, et les bas blancs, longs gants rayés de rose, encourageront tes doigts à être deux fois la bottine, dont le talon serait le corset du pouce, et dont la pointe rouge serait l’index.

Hans Bellmer -Analogies -1968
Hans Bellmer -Analogies -1968

Les épaules ont le contour de tes hanches : sur le dos du costume figure, renversé, ton devant nu, de façon que monte naturellement entre tes fesses la verticale, qui dans l’image sépare les seins. Le pied droit se répète plusieurs fois dans ta chevelure, mais en dimensions arbitraires, parce que ta chevelure noire, couleur goudron aux reflets de vaseline, est coiffée en torsades irrégulières ressemblant chacune à ton pied droit et se ressoudant en profondeur dans ta chevelure, à certains endroits où se cache un regard. Pas plus petites qu’un grand œil, tes oreilles sont les mains de l’enfant qui occupe ta tête, bercée de tes mains dont l’enfant n’est pas plus grand que toi qui m’aimes…

L’anatomie de l’amour (1957) – Hans Bellmer

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