Mon cher Balmy, d’Isabelle Boucheron

CaptureMon cher Balmy est un  texte érotique très court au charme un peu suranné,  écrit pas Isabelle Boucheron et publié aux éditions numériques Dominique Leroy. L’histoire se situe au 19ème siècle dans une famille bourgeoise, un chirurgien organise dans son appartement des soirées très chaudes que  son petit garçon épie entre deux portes, , copuler dans une baignoire remplie de lait, écouter une femme à la peau blanche de poudre parler de sexe en plusieurs langues, faire tomber les paravents,  alors que sa mère, indifférente  aux frasques de son mari plus voyeur qu’acteur, coud au salon. Cette situation initiatique est classiquement utilisée en littérature érotique et me rappelle un peu le début du très beau livre d’Ismael Jude, Dancing with myself que  je vous recommande chaudement,  la similitude  est d’autant plus grande que comme le héros d’Ismael Jude, celui d’Isabelle Boucheron se passionne pour les arts et transcrit les émois de la chair par la peinture ou le dessin, ou encore  ses cousines se font chattes auprès de lui et participent à son éducation sentimentale.

Ce qui séduit donc dans la nouvelle Mon cher Balmy, ce n’est  pas l’originalité mais l’atmosphère un peu ouateuse du récit, une langue châtiée et le goût des arts du jeune homme qu’il met au service de ses émotions érotiques. Une ambiance tout à fait propice à l’expression du désir et de  son mystère, une quête du je ne sais quoi qui renverse, un  peu de rose comme la chair d’une cuisse, la blancheur d’une nuque, un matelas tâché, une cité de vieilles pierres près de Montpellier, une ombre transparente, des roches baignées de soleil, le garçon embrasse les scènes et peint, et s’adonne aux découvertes des corps. Il me semblait avoir réussi à trouver ce que tout peintre passait son temps à chercher.

Un texte  classique qui décline tous les désirs, innocemment leste, tout doux  à lire dans notre  monde de brute en somme, pour oublier la crasse du métro boulot  ou s’endormir le soir, et qui me donne envie, allez donc savoir pourquoi… de relire Sundborn ou les Jours de lumière (de Delerm)  que j’ avais tant aimé.  

Isabelle Boucheron, Mon cher Balmy, Editions Dominique leroy, livre numérique, 1,99 €

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