« Comment oser te dire… » texte érotico/burlesque

Pour le  Festival  Livres en tête 2014, dans la catégorie « A rougir de lire », ma contribution avec cette contrainte d’écriture : composer un texte de 500 mots maximum de registre erotico/burlesque.

Comment te dire cela, cette chose poisseuse, ces odeurs juteuses ? Ça m’ébouillante la langue, tu sais comme le gras du pot au feu qui mitonne. Oui, comment te dire version jolie jolie, l’éros inférieur, celui du bas du cul, à toi qui portes beau, de l’esthétique plein la bouche et la cervelle. Des traces de toi des traces de doigts maculent ma mémoire, dégoulinent, d’étranges bavures teintées aux senteurs louches. Dans le sillage de ces traînées vestiges de nos étreintes d’une Saint-Hubert bien arrosée, ce fumet noir obstrue la plaie du manque dévorant. Ton absence me blesse, ah bon, cela te suffit que je le dise ainsi ? Pourtant c’est à mille lieues de la blessure, la privation me déchire avec ses gros sabots de cheval de trait, tu vois c’est de l’artillerie lourde, un labour de défoncement, garde ta délicatesse pour tes précieuses. Accule-moi dans un coin, fous-moi les quatre fers en l’air, éventre-moi dans des senteurs de bâfrées, je veux la bête à plein dos, tout en désordre, pèle-mêle, un tête à queue dans la brisure du jour, une accolade de la vie à et de la mort. L’inclination à l’absolu, cette déchirure en dents de scie, c’est la chienlit mon presqu’amour, c’est la chienlit. Je veux que ton désir faisande, vienne des ténèbres en pleine conscience de la ruine de ton âme, distende ta peau et gonfle tes veines, non pas juste celles de ton sexe, oublie ton étendard, mais là partout de la tête aux pieds sous tes plumes bien lissées de col vert qui becte ses cinq légumes et ses graines de maïs en vapotant, le doigt sur la télécommande d’un œuf vibrant en plastoc. Le queutard exquis me laisse de marbre. Ne joue pas à chat bite avec moi. Tes parties fines aux chandelles et au Ruinart ont pâle mine, tu te plantes la raideur en trompe l’œil, la bandaison ne fait pas l’homme. Ne dégaine pas, je ne te veux pas empesé au garde à moi, petit soldat tout en pectoraux prêt à fourbir la fleur au fusil, mais tes chairs molles et flasques à palper roulé boulé, de la vraie vie bon dieu, tes roustons dodus qui virent à la grenaille violine presque noire sous mes doigts comme la peau du colvert déplumé passé sous la flamme, et l’air saturé de cette odeur de ventraille encore chaude, deux doigts dans ton fion jusqu’au cœur mon petit canard de Barbarie. Ca t’en bouche un coin ? Coin… Allons, voilà déjà que tu protestes et répands ton trouble, il faut que je mette des gants et civilise mon ardeur.

votre grain de sel

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