La lessive salissante de Valérie Trierweiler ? Lisez plutôt L’amour et les forêts.

Valérie, Bénédicte et la vilenie des hommes

En avant-propos, sachez que ce billet n’a pas vocation de défendre le mensonge ni la lâcheté. Il y est plutôt question du bien fondé de se servir des lecteurs pour laver son  beau linge sale.

CaptureUn être pour le moins  facétieux m’a offert hier,  sachant que je ne voulais surtout pas le lire, ce livre people tabloïd qui fait mousser la presse et les dîners en ville. Que dis-je, mousser… plutôt baver.  Sans parler des tables de librairie qu’il truste quand tant de bons  textes attendent dans les oubliettes de rencontrer de vrais lecteurs. Combien de précieuses  pages dans les médias  consacrées à Merci pour ce moment ? Oui, les annonceurs ont dû adorer.

Au passage,  libraires indépendants, puisque vous avez le droit de mourir indépendants, donc  libres, je salue votre courage de ne pas vouloir vendre  Merci pour ce moment. La liberté parfois se paie très chère peut-être mais  je vous trouve superbes  de refuser la manne juteuse du showbiz politique en pleine  rentrée littéraire qui a d’autres chats à fouetter.

Bref,  je reçois donc hier ce texte, Merci pour ce moment,  alors que je finissais le roman d’Eric Reinhardt, L’amour et les forêts, qui déjà me laissait mi-figue mi-raisin et  un peu déprimée.   Bonne fille, j’honore l’offrande perverse et entame sans attendre  la lecture de  cette plainte revancharde de femme trahie, Merci pour ce moment.

l'amour et les forêtsSi les thèmes de la jalousie et de  la blessure narcissique   ou  de l’humiliation peuvent  être des thèmes de littérature vraiment  très inspirants,  (la preuve en est par exemple avec  L’amour et les  forêts) les révélations impudiques rageuses  convenues sous forme de confession même pas bien écrite  sont carrément pénibles, lassantes et  même chiantes, il faut bien finir par le dire, car il n’y a absolument rien d’autre dans ce texte que des lamentations ordinaires, le style est celui d’une rédaction de journal intime, quasiment genre  Harlequin. Même pas de révélation politique, car vous parlez d’un truc cette histoire de mépris des pauvres… tous les hommes et femmes de pouvoir sont déconnectés de la réalité des gens ordinaires, gauche comprise, des bons mots faciles plein la bouche en off, car il faut bien rire, n’est-ce pas… Soyons sérieux, ce livre n’est pas un brûlot renversant  mais une bassine de linge sale qui glougloute en bouillonnant.

Valérie Trierweiler  a  donc publié ce livre pour emmerder François, et nous avec.  Un  président ment à sa compagne et s’envoie en l’air ailleurs …la triste affaire oui, mais il l’avait déjà fait du temps de  Ségolène Royal,  la perfide étant alors VT…eh-eh… et  depuis la nuit des temps l’histoire s’est construite et déconstruite dans les alcôves et les histoires de cul sont pléthore.  Oui, FH se comporte en compagnon menteur et lâche et coureur. C’est pas bô et très vilain. Mais sa vie perso nous  importe-t-elle ?  Non, par contre vu sa terrible déconfiture politique, cela l’achève. On se fiche presque de cela d’ailleurs. Simplement, VT aurait pu au moins s’appliquer, prendre le temps d’une véritable écriture et commettre un texte profond, éclairant les affres de l’amour déçu  plutôt que de cracher son venin sans autre dessein que de nuire.

Juste sortie de la lecture de L’amour  et les forêts, Bénédicte Ombredanne,  femme ayant existé réellement,  me revenait en mémoire à chaque page de Treirweiler ;   Bénédicte, l’héroïne et Eric Reinhardt font  de l’humiliation ô combien plus infâme et meurtrière  que celle subie par Valérie Trierweiler,  un vrai sujet de livre. Ce n’est pas un jugement de valeur sur l’échelle du chagrin. Les histoires d’amour finissent mal en général, ce n’est pas nouveau,  un cœur qui saigne ça fait mal, la fin d’un amour est rarement jolie, hommes et femmes s’illustrent par leur petitesse, leur esprit de vengeance, leur lâcheté.  Grandes et petites gens. Valérie Trierweiler souffre ok, elle a le droit d’être désespérée et en colère contre son illustre compagnon peu élégant, et même avoir envie de tout casser et de le vouer aux gémonies, on ne peut pas mieux dire d’ailleurs puisqu’elle expose son presque déjà cadavre  supplicié sur quelques 300 pages exhibitionnistes. L’ai-je bien descendu cet escalier des gémissements, pour une sortie sans tapis rouge ?  Non, c’est moche,  laver son linge sale en public est toujours pénible pour les autres (sauf pour les voyeurs et autres adeptes de téléréalité).

J’ai eu beau chercher quelques propos propices à la  réflexion, à l’introspection amoureuse, je n’y ai lu que des descriptions plates de femme jalouse  bien sûr sincère mais sans intérêt. Regarder François à genou sur le lit qui se tient la tête dans les mains m’a même plutôt dégoutée.  Savoir leur  intimité commune  m’est très désagréable même si je me doute que se faire désaper de  ses habits de première dame à la  hussarde et à la vue de tous est insupportable. Ceci dit, il est dit dans le livre que FH a proposé à VT, la rédaction commune d’un communiqué de rupture dont elle n’a pas voulu malgré son insistance. Et enfin…où y-a-t-il scandale et révélations politiques ? Et terminons-en enfin avec ce statut de première dame, (auquel tenait  beaucoup VT, et qui est pourtant le signe de l’assujettissement de la femme à son mari ou à son compagnon,  être « la femme de… » )  Vivement une femme présidente que l’on ignore monsieur.

Dans l’amour et les forêts, Bénédicte Ombredanne est donc désespérée comme  VT, humiliée par son mari, elle avale aussi des comprimés, le schéma est presque identique même si la situation est différente.  Mais lorsque Bénédicte  demande à rester un peu à l’hôpital pour se reposer avant de rentrer dans son enfer conjugal, on la vire en lui répondant que ce  n’est pas un lieu où l’on repose le chagrin et la souffrance morale et que pour deux petites plaquettes avalées, on ne reste pas ici. Si toutes les femmes trahies et malheureuses étaient acceptées à l’hôpital pour se reposer comme Valérie Trierweiler,  ce serait épatant, surtout avec la présence d’un professeur qui vient s’assurer en personne  toutes les 10 minutes que l’entretien avec votre compagnon  qui vous a mené là, se déroule bien. On est encore dans un autre monde , et VT en relatant cela n’a pas une once de pudeur en pensant à toutes les femmes ordinaires trahies qui luttent avec d’autres armes que celles d’une journaliste à qui les maisons d’éditions proposent des ponts d’or pour publier sa revanche ;  sans doute oublie-t-on que les périmètres du pouvoir brûlent aussi les ailes  de ceux qui les fréquentent. Mon dieu… laissez-moi pleurer sur d’autres misères et chagrins de femmes humiliées dans le silence des maisons anonymes.

Et si vous voulez lire une fragile histoire de femme en proie à la vilenie d’un homme, ouvrez L’amour et les forêts, pour y saisir la douleur à l’état pur. C’est un vrai livre.

Valérie Trierweiler, Merci pour ce moment, éditions  Les Arènes, septembre 2014, 320 p., 20 euros.

Eric Reinhardt,  L’amour et les forêts, Editions Gallimard, août 2014, 368 pages, 21,90 euros – e-pub 14,99 € 

→ Feuilleter le livre L’amour et les forêts 

NB : cet article a été publié aussi sur LE SALON LITTERAIRE

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Marc dit :

    Vu le nombre d’exemplaires vendus, qu’on n’aille plus prétendre que les livres sont trop chers ! dépenser 20 euros pour ce roman de gare mal troussé c’est bien bouffer de la m….pas des nourritures spirituelles en tous cas et d’autant d’autant plus que ce livre est bourré de fautes d’orthographe. Heureusement le fichier du texte numérique circule allègrement gratuitement. Moi non plus, je n’y ai lu aucun brûlot, même pas de scandale, juste un petit caca nerveux fait sur le trottoir devant tout le monde. Pas grande dignité cette dame, et si tous les cocus de France se mettaient à écrire leurs déboires…
    Faudrait juste passer le moto-crottes maintenant et que les médias nous parlent enfin des choses qui fâchent vraiment.

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