Rodin & Eros , de Pascal Bonafoux

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 Rodin et eros

 » la lecture qu’il faut faire de ce livre doit être pareille aux va-et-vient, aux égarements d’une main qui caresse, qui effleure un sein, coule sur une épaule, écarte des cuisses, presse une fesse…Mode d’emploi conseillé par Eros… » 

Avouez que c’est là une bien jolie invitation ! Alors que l’été est déjà bien avancé, faites-vous plaisir avant de vous replonger dans les préparatifs de la rentrée, cédez-y, et déambulez en compagnie de Pascal Bonafoux dans ce bel ouvrage qui nous fait (re)découvrir des oeuvres de Rodin parfois méconnues. L’auteur au moyen d’un lexique à thèmes nous entretient d’amour, de désir, de luxure, d’onanisme et bien sûr d’art,  et relate des anecdotes concernant la vie et le travail de Rodin, pénètre son atelier, tout en évoquant d’autres artistes de l’époque, amis et détracteurs. Car Rodin bien sûr choquait. « J’ai toujours choqué l’institut. Tous ces vieux rétrogrades ressuciteraient dans cent ans qu’ils me trouveraient encore trop hardi ». Mais à l’époque, rappelle Pascal Bonafoux, si la vertu sévissait, coquins et  coquines  redoublaient d’imagination et de talent pour  la tromper, comme Georges Sand écrivant à Musset un poème très convenable, qui en n’en lisant que les vers pairs exprimait alors un désir ardent d’une crudité sans égale : celle-ci disait en ces termes, vouloir être baisée par lui, lui montrer son cul et se faire mettre sa bite bien raide et bien grosse.

Rodin était obsédé par les femmes, il ouvrait les portes de son atelier aux jeunes personnes, filles et quelques garçons,  les faisaient dénuder et les laissait vaquer à leurs occupations, leurs rêveries, aux aguets de leurs gestes et postures, il n’exigeait aucune pose mais dès qu’une courbe en mouvement, qu’une position l’inspiraient, il demandait au modèle de ne plus bouger, s’emparait d’un crayon ou de terre, et se hâtait de saisir l’instant. Bien souvent les jeunes femmes, lascives, se masturbaient et Rodin aimait particulièrement les croquer ainsi. Ses dessins laissaient tout deviner des caresses que se donnaient les femmes, sur les lèvres et  le clitoris. Et l’artiste de s’écrier : «  Et je sais pourquoi mes dessins ont cette intensité : c’est que je n’interviens pas. Entre la nature et le papier j’ai supprimé le talent. Je ne raisonne pas, je me laisse faire. »

Rodin explique à un visiteur que les jeux d’ombre et de  lumière de lampe à la nuit tombée,  mieux que la lumière naturelle du jour, révèlent sur la surface du marbre des saillies et dépressions légères, qui donnent à voir de la vraie chair. Tout est une question de regard. Pétrie « sous des baisers et des caresses » , voilà la sculpture des corps de Rodin.

quelques détails de l’oeuvre présentée par Pascal Bonafoux

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Rodin & Eros – Pascal Bonafoux – Editions de la Martinière – 270 pages – 2013 – 24 euros

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