Poupée de chair, d’Isabelle Loredan

CaptureDans la collection Eros aux éditions Dominique Leroy (dont je déteste les couvertures trop criardes, trop cliché qui évoquent toutes  plus la BD que le texte), est paru Poupée de chair d’Isabelle Loredan.

Le dessin de la couverture l’affiche, il s’agit d’un  court texte traitant de la relation domination/soumission au sein d’un couple uni. La dimension amoureuse est valorisée tout au long du récit écrit à la première personne, c’est Solana, une battante côté professionnel, qui raconte son exploration érotique.  C’est assez touchant, sensuel  et candide. Isabelle Loredan en préambule prévient qu’elle ne raconte pas une histoire exceptionnelle ni torride mais un cheminement amoureux. C’est en effet l’effet qui se dégage de Poupée de chair, le couple renforce son amour en jouant au maître et à l’élève, Solana tire de sa posture une fierté, comme toutes celles qui expérimentent la soumission : elles « tiennent » leur dominateur dont le regard reflète vite  l’addiction. Cependant, la cause réelle de cette fierté n’est pas verbalisée dans le récit,  ce qu’aurait pu creuser Isabelle Loredan, mais sans doute le format très court (35 pages) ne lui permettait pas.

C’est Claude  qui initie Solana, il veut bien sûr  en faire son chef d’oeuvre, (bon, pour tout vous dire, j’ai beaucoup de mal avec ces scénarios tellement codés, vieux comme le monde, finalement convenus qui ne m’étonnent pas ni ne me troublent)   lentement, avec douceur mais fermeté il la laisse s’enivrer des premiers émois que provoquent une fessée, une voix autoritaire avec les mots qui vont avec, la corde, les sorties dans des clubs échangistes, le collier etc…Il veut que ce soit elle qui réclame pour avoir le plaisir de différer ses attentes et la maintenir  dans l’attente et quand elle implore la délivrance, il la punit Voilà ce que l’on fait aux vilaines filles de ton espèce. On les encule, ce qui comble Solana d’ailleurs.

Pas ma tasse de thé donc, cette histoire du grand maître que l’on adore servir, (elle le dit quasiment ainsi à la fin) sans même éprouver des rebellions intérieures mais un texte qui se tient et une histoire d’amour saine qui puise sa force dans le sexe. Je ne pense pas être une bonne lectrice de ces textes qui ne dévoilent aucune lutte intestine, aucune faille,  aucune faiblesse mais sans doute Poupée de chair plaira-t-il à celles et ceux qui aiment les charmantes histoires d’amour et de sexe.

Pour ce qui est de la forme, Isabelle Loredan a choisi le passé simple pour toute la  narration, je ne sais pas si c’est une bonne idée. Certes, c’est élégant mais parfois bien lourd et  la concordance des temps donne de curieux  si j’eusse été un chat…j’eusse ronronné… pour le moins périlleux qui plombent le texte. D’autre part, de regrettables apartés comme « oui! Vous avez bien lu ! ou Arf et encore Waouh… gênent la lecture et l’atmosphère douce qui émane du récit. L’auteure gagnerait à épurer son écriture.

Poupée de chair – Isabelle Loredan – Editions Dominique Leroy- 2014 –  livre numérique – 35 pages- 2,49 euros.

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