Les Biscuitières d’Esparbec

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Lire Esparbec est toujours agréable car il exhibe une jolie langue française en plus de dévoiler les sexes et les libations les plus excessives. Son dernier roman Les Biscuitières ne déroge pas à cette marque de fabrique, c’est un livre d’enfer auquel il n’y a rien à redire et les descriptions minutieuses des personnages et de leurs troubles sont parfaites. Le mal se farde souvent de convenances trompeuses et toutes les facettes des jeux sexuels sont réunies.  Quant à la présence du comptable Philéas, c’est à mon sens le piment de ce roman orgiaque.

Néanmoins,  l’histoire aussi lubrique soit-elle m’a lassée, c’est un schéma  archi-classique.  Une  petite oiselle   va se faire initier à la luxure par une patronne dévorante et impitoyable, dans l’univers féminin dépravé d’ une équipe de biscuitières exploitées sexuellement, certes, mais dans une atmosphère quasi festive.  Tous les ingrédients du roman porno des siècles passés sont encore une fois servis  et je n’ai pas été étonnée, ma curiosité n’a pas été réveillée, mon imaginaire pas sollicité malgré la crudité des scènes excellemment brossées. Dommage quand même…

Et puis, me suis-je dit, avec un tel talent,  l’homme est petit joueur, Esparbec s’économise et ne prend aucun risque : à situer sa narration transgressive dans le passé,  il peut jouer de toute la gamme des interdits déjà expérimentés en littérature érotique et porno sans se soucier des conséquences contemporaines : des mineures se voient infliger toutes sortes d’horreur, viol et zoophilie compris,  parfois jusqu’à l’indigestion, mais c’est daté à une époque où tout cela pouvait s’écrire,  après tout la domination sur mineure est présente  dans la Pléiade avec Sade.  Pas sûr qu’un texte de la même verve situé en 2014  avec des petites loulouttes de 15/16 ans ne soulève quelques protestations…

Enfin, voici quelques propos de l’auteur sur le site  Jet-society à propos de la  prétendue singularité des livres publiés à la Musardine,  mais je reste dubitative sur leur pertinence….Extrait : […A la Musardine, nous visons une autre clientèle, celle du sexe tel qu’il est vécu, pas tel qu’il est rêvé par des mémères accrochées, faute de mieux, à leurs ordinateurs (des blogs, en veux-tu, en voilà, et la ménagère emplit son panier). Dans nos livres, le sexe n’est pas un conte de fée pour mémés lubriques, il est « vécu », et pas seulement dans les confessions : nos auteurs décrivent leurs tourments et leurs plaisirs. Ce qui n’empêche pas pour autant que s’y mêle de l’irréel : celui des fantasmes que nous poursuivons tous au long de notre vie…]

Quoi qu’il en soit,  sans  rien apporter de novateur au registre  érotique, Les Biscuitières reste un  très bon roman pornographique classique qui s’inscrit dans la lignée des publications licencieuses à découvrir.


Esparbec – Les biscuitières–  La Musardine –  avril 2014 – 375 pages – 17 euros .

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