En attendant d’être grande de Théo Kosma

9781310572005_w385Jusqu’à présent, les livres que j’ai lus de Théo Kosma  ne mettent en scène comme personnages principaux que des jeunes filles. Et c’est  là un des talents étonnants  de cet homme, il décrit merveilleusement bien l’univers féminin, sans aucun artifice.

Kosma a publié récemment Deux soeurs, un court roman érotique dont j’ai  déjà parlé sur ce blog.  Une première prouesse, cette histoire de  viol négocié par les flics et la façon dont les  deux sœurs avaient fait face. J’aime beaucoup son écriture  et surtout l’angle choisi des sujets qu’il aborde.  Le regard est précis, l’écriture tout en détail et l’érotisme n’est pas gratuit, ce qui est une vraie bénédiction.  Théo Kosma ne prend pas la plume  juste pour parler de cul mais  il nous embarque dans des tranches de vie, au plus proche de l’intimité de ses personnages.

 

En attendant d’être grande  est du même acabit. Le sujet est tout aussi délicat puisque l’auteur conte l’éveil à la sensualité et à la sexualité d’une fillette. C’est à contre-courant de l’hypocrisie actuelle qui nie toute sensualité enfantine, comme si la sexualité des garçons et des filles apparaissait miraculeusement à 16 ans, âge légal. Ce qui me laisse songeuse sur la façon dont les parents observent leurs enfants, les petits  commençant à se caresser vers les 4 ou 5 ans.

La narratrice d’En attendant d’être grande est cette enfant, elle raconte d’après ses souvenirs ce qu’elle voit, ce qui suscite sa curiosité, ses questionnements, ses émois, ses essais. Elle a 4 ans, 5 ans, 6 ans…et ainsi de suite,  Kosma laisse parler la gamine au fur et à mesure de sa lente transformation. Il y est question de ses rapports avec les autres enfants, les garçons, les filles, mais aussi avec ses parents. La fillette regarde, touche, profite du sommeil du fils de son beau-père pour examiner l’autre sexe. L’écriture est rafraîchissante et joyeuse, Théo Kosma raconte ce qui frémit sous la petite culotte mais aussi dans l’esprit de l’enfant. Comment devient-on une fille ? souvent comme le raconte Kosma….

[…SIX ANS – …..  Horreur, malheur ! On m’apprend à prendre ma douche toute seule. J’ai beau faire semblant de ne pas savoir comment faire, ça ne prend plus. On accepte de me le faire encore quelque fois pour me faire plaisir, mais ça devient de plus en plus rare….]

[…SEPT  ANS … la cour, parfois, les filles et garçons se racontent des blagues cochonnes, auxquelles je ne comprends rien. Eux non plus pour la plupart, bien sûr ils font semblant que si. Depuis cette curieuse blague que je ne sais plus qui de ma classe a raconté au sujet des « pipes », le comportement des filles change à la cantoche. Quand il y a une banane ou une glace au dessert, elles découpent le fruit en morceaux pour les piquer à la fourchette, et elles croquent dans la glace au lieu de la sucer. De peur, si j’ai bien saisi, de se faire vanner.    Moi j’en ai rien à faire et je continue à faire comme avant, d’ailleurs une glace a bien meilleur goût lorsqu’on y passe la langue, d’autant que c’est plus rigolo comme ça. Un jour de banane, Bénédicte me regarde la manger et me demande si je suis en train de m’entraîner pour plus tard. Certaines rigolent. Je réponds pas. Je finis par comprendre qu’effectivement, une banane a une forme de zizi. Et alors ? Qu’est-ce qu’elle veut Bénédicte, que je devienne cannibale ? .]..

[……..HUIT ANS   En début d’année, un documentaire animalier me fait comprendre quelques mystères sur le sexe. C’est un monde, tout de même, d’en être réduite à tenter de comprendre les comportements humains en regardant des animaux ! Je vois ainsi des ébats de sangliers, de boeufs et de gazelles. Pendant longtemps, je croirai que les humains s’accouplent ainsi. Plus tard encore, je comprendrai que certains humains s’accouplent vraiment ainsi…]

[…NEUF ANS  – …..Aussi je trouve le moyen de faire bouger la clé dans la serrure de leur chambre, avec un fil de fer. Du vrai travail de pro, je suis fière de moi. Je suis moins fière, par contre, de ce que je découvre. Maman toute décoiffée et à moitié désapée sous un papa grognant comme un ours. Il bouge sur elle comme s’il l’attaquait, ne cesse d’entrer et sortir en elle sans se décider à rester à l’intérieur ou à l’extérieur, ce qui ne m’étonne pas vu que papa, dans la vie, ne sait jamais ce qu’il veut. C’est beaucoup, beaucoup moins beau qu’à la télé….]

[…Sans trop savoir quoi faire, je m’allongeai à côté d’elle. Ma copine releva sa jupe, baissa sa culotte et me prit la main. « Est-ce que je peux ? » me demanda-t-elle d’un regard implorant. Je ne savais pas du tout ce qu’elle pouvait mais, voulant être gentille, lui fis oui de la tête. Elle dirigea ma main entre ses cuisses, puis saisit mon majeur et le plaça sur un drôle de bouton qu’elle avait au-dessus de sa petite ouverture. Elle me fit faire de petits ronds puis se retira]….  

theo kosma

 

 

 

 

 

 

 

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