Non réconcilié de Michel Houellebecq

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Non réconcilié, le recueil de poésie de Michel Houellebecq  vient de paraître chez Gallimard. Ça fait du raffut avant même que le livre ne soit dans les étagères. J’ai toujours été curieuse de lire Houellebecq et l’écrivain m’a rarement déçue, j’aime sa clairvoyance et sa rétive espérance, une véritable grâce dans sa vision dépressive de l’existence.

J’ai donc lu Non réconcilié et sa poésie m’a émue. Quoi qu’on dise de l’homme, j’aime ses écrits sans toutefois lui vouer un culte, j’ai toujours trouvé curieux l’excitation dithyrambique  ou méprisante des lecteurs et des critiques.

Mais qu’en dire de plus pour lui  rendre hommage ? Houellebecq ne se dissèque pas.

Les textes de Michel Houellebecq me font un  effet immédiat, épidermique qui se répand lentement  jusque dans mes tripes. Comme les textes de Baudelaire.  Son recueil Poésie, tout comme ses romans, même si La carte et le territoire qui reçut le prix Goncourt  en 2010 me laissa plus dubitative, n’ayant  pas goûté sa  propre mise en scène.

La  poésie ne se dépiaute pas, ça serait comme donner le truc d’un tour de magie.  Lorsque j’étais adolescente, l’analyse des textes à laquelle je devais me plier pour plaire à mes profs de lettres m’agaçait énormément. Je lisais avec passion, mais autopsier les œuvres me répugnait, je trouvais cela  carrément impudent et sacrilège. Se substituer à un écrivain pour affirmer sa démarche, sa technique d’écriture et lui prêter des sentiments, des desseins qu’il n’a sans doute jamais eus est quand même hasardeux,  et lorsqu’on se met à le psychanalyser d’après sa poésie ou sa prose, c’est le pompon. Une oeuvre se suffit à elle-même et la résumer est bien dommage, c’est  bien navrant d’ailleurs que je le fasse.

Peut-être dirais-je seulement que  Non réconcilié est un texte hyper réaliste, terriblement contemporain, lire cette poésie, c’est  embrasser le monde sans y toucher, écouter le craquement de la glace sous nos pas trop lourds, désespérer de la promesse d’amour faite à l’aube de nos jours, railler nos insensées et indécrottables espérances, chercher des béquilles pour ne pas chuter.  De la brutale délicatesse, Houellebecq est un oxymore  personnifié peut-être . Une prière païenne, des brisures, de l’amour, de la haine, de la crainte, et de la rage aussi parfois ? Houellebecq, c’est avant tout une lucidité, cette blessure si rapprochée du soleil…qui m’est si chère, et une fragile tendresse.

 

Et puis, cette mise en musique par Jean-Louis Aubert de son texte Isolement,  vous noterez que Michel Houellebecq  tâche de donner corps à sa poésie…c’est tout un poème, oui…ça me fait rire, Houellebecq me fait rire, mais c’est un rire bienveillant, quelque chose qui ressemble à de la joie emplie de douce tristesse.

Non réconcilié, Michel Houellebecq –  Poésie/Gallimard – 10,50 euros – 212 pages

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