le tabou du corps cabossé des femmes

handiMon domaine d’écriture et de réflexion est celui, si vaste, de l’intime et je travaille beaucoup sur le corps, sa représentation, sur le tabou si tenace  de la  différence ou de la difformité. J’ai abordé sur ce blog dans des billets précédents le corps malade, je vous propose ici ,( en cliquant) → un lien vers une série de 40  photos de jeunes femmes handicapées qui ne renoncent ni à la féminité ni à la séduction, certaines en tirant même parti.

Il ne s’agit pas  bien évidemment  de voyeurisme. Je répète encore une fois ici qu’il s’agit de désapprendre , de rééduquer notre regard… à la liberté. Nous n’imaginons pas à quel point nous avons des œillères et sommes soumis ,  nos cerveaux totalement aliénés par les normes. Cela va bien au-delà des matraquages des magazines et des images de l’éternel  féminin. Je m’interroge souvent, comment se construirait un enfant à qui on ne différencierait pas précocement  la laideur de la beauté, à qui on n’enseignerait pas l’accord des couleurs, ou l’harmonie des sons. Et si les différentes cultures dans le monde ont construit des archétypes qui sont parfois aux antipodes les uns des autres, il n’en reste pas moins que l’on apprend LA beauté aux enfants, en leur inculquant le bien et le mal.

handicap

Les  visages et les corps sont uniques et pourtant  la tyrannie de la beauté et de la séduction voudrait  gommer cette unicité en célébrant leurs canons ou  la symétrie parfaite des membres et des organes. Les déficiences motrices concernent plus de 2 millions de personnes en France,  (sans parler des ablations des seins, sans doute moins ostensibles mais aujourd’hui  si fréquentes) ) et je suis toujours consternée qu ‘ils n’aient aucune visibilité sur la place publique.  Où vivent ces hommes et ces femmes ?  Comment vivent-ils, où s’habillent-ils ?   Pourquoi n’existe–il pas de boutiques visibles où l’on peut trouver des pantalons, des pulls, des soutiens-gorge adaptés à leur corps ?  Pas compliqué  de comprendre dans un premier temps qu’ils n’ont accès qu’à encore très peu d’endroits (restaurants, magasins etc…) malgré les lois d’accessibilité.  Mais ils n’ont pas plus d’espace de représentation dans les médias, on ne parle jamais d’eux.

Bien sûr le tabou existe aussi pour les hommes, mais les femmes en souffrent beaucoup plus  tellement la dictature de l’apparence prévaut dans les jeux de séduction. La première nouvelle de mon dernier livre S’inventer un autre jour (Editions Tabou)   qui s’intitule Ré, mon enfoirée, met en scène une adolescente concernée par le handicap, qui vit ses premiers émois érotiques.

Articles connexes :

→ https://anneelisa.wordpress.com/category/le-corps-dans-tous-ses-etats/

→Retour Accueil 

votre grain de sel

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s