les culottes de Rouge-Gorge et l’audace érotique de Nicolas Rey : c’est tout un poème…

reyAhlala les gros malins ! Voilà que  la marque de lingerie Rouge Gorge a fait appel à l’auteur et chroniqueur Nicolas Rey  pour écrire trois nouvelles érotiques pour la promotion de leur nouvelle collection . Des nouvelles audacieuses est-il écrit sur le site où elles  sont accessibles en lecture libre avec la présentation des culottes et des soutiens-gorge.

Que Rouge-Gorge prenne la vague du marché de l’érotisme, après tout, c’est de bonne guerre marketing… Ce n’est  pas ça qui me chiffonne.

Mais que Nicolas Rey, écrivain primé,  nous prenne pour des quiches, ça m’énerve !  La lecture de ces nouvelles est tout bonnement confondante ! Et c’est pas parce que vous avez placé une citation de Clemenceau et une autre de Churchill  dans cette guimauve, que ça vous rattrape, Nicolas Rey !  Bien au contraire. Que se passe-t-il Nicolas ? On aurait pu s’appliquer,  on le vaut bien, non ? Quoi, Rouge-Gorge n’a pas assez payé, alors on a pissé du texte nunuche ?

Mon petit Nicolas qui pourtant  me fîtes souvent rire sur les ondes, vous qui savez écrire , comment est-il possible que vous ayez accouché de ces niaiseries  pseudo érotiques ? Encore heureux  que vous ne fassiez  pas partie du jury du prix Sade, je m’inquiéterais… Ils doivent être écroulés de rire vos copains, Beigbeder et Bedos non ? Vous avez pris un nègre, rassurez-moi pour écrire ça ?  Ou alors qu’aviez fumé ou bu avant de rédiger ces trois nouvelles genre Bonne Soirée un chouilla coquine ? Quel était le cahier des charges de Rouge-Gorge ? Et la cible ?  Vous voyez , je vous cherche plein d’excuses…

Ces trois textes sont truffés de situations d’une affligeante banalité, de clichés et   de sottises, de lèvres intimes., d’animalité remarquable, de pantalon qui moule les fesses et place en valeur son paquet masculin,  la femme est présentée comme une petite poulette sans cervelle qui « ose » dire qu’elle aime faire l’amour et qui halète, siffle, souffle, sirote la  langue de Martin ou qui feule son plaisir

La femme érotique  Rouge-Gorge, selon Nicolas Rey c’est ça :

– Cette jupe te va à merveille.
– On essaie de se faire belle avant un rendez-vous, jeune
homme, c’est la base. Ne me dis pas que tu ne sais pas au
moins ça. Elle riait en m’annonçant cette évidence.

et on trouve des dialogues comme ça :

« Je m’appelle Martin.

– Je m’appelle Marion

– Enchanté Marion !

– Ravie de vous rencontrer Martin !

– Vous savez, Marion, j’ai envie de vous aimer toute une vie entière. Une longue vie entière. J’ai envie qu’on prenne un café tous les matins. Mieux ! J’ai envie qu’on se réveille ensemble tous les jours que le hasard va faire. Imaginez le miracle de notre rencontre.

Wouah…ça c’est du texte et de la situation !  Vous en voulez encore ?

Une question l’inquiète cependant : Marion boit-elle du thé ou du café ? Il ne fallait pas se tromper. Elle avait un côté « thé » avec son élégance. Mais elle avait aussi un côté « café » avec sa soif de vivre. Après mûre réflexion, Martin opta pour le café. 

Oui, il y a des questions existentielles comme ça…Ou encore des choses comme ça :

Un rire qui part du ventre pour mieux déplier ses ailes dans les airs par la grâce de sa sonorité

Bonheur des commencements ! Joie des débuts ! Alors tu m’aimes ? Alors je t’aime ! Alors, c’est encore possible après tout ce massacre ? Alors c’est encore possible ! Mais comment va-t-on faire quand notre amour va glisser sur la toile cirée de l’habitude ? T’inquiète. On trouvera bien une solution.

Soudain, elle se sent soulevée de terre et, de façon aérienne, elle se retrouve à cheval sur l’un des fauteuils.

Et puis si vous cherchez en quoi les nouvelles de Nicolas Rey sont audacieuses, c’est parce qu’il ose dire que la femme…ose . Elle ose à longueur de texte,  l’auteur fourre ce mot partout dès que la femme ose un geste ou ose une parole, comme ici :

On peut même dire que j’ose la confidence sexy…

Elle ouvrit les yeux, regarda Martin et osa prononcer la phrase suivante :

« Martin. Je suis comme les hommes. J’adore faire l’amour le matin. »

Et puis ce moment d’extase :

C’est peut-être ainsi. C’est peut-être pour des moments comme cela que nous vivons. Quand l’instant s’arrache au reste, au passé, au présent, à la suite prévisible pour nous couvrir de baisers. C’est l’orgasme. C’est l’hymne à la joie.

Cher Nicolas, si vous b… aussi bien que vous causez d’érotisme ça doit être quelque chose…

Bon, par contre, si les filles passent pour des connes dans ces textes,  la marque Rouge-Gorge peut être satisfaite, Nicolas Rey a parlé partout de petites culottes et de shorty, d’ailleurs présentés  en image après chaque nouvelle.

Ses doigts s’immiscent entre le voile du shorty et de son ventre. Ah son shorty ! Ce shorty ! Un dessous qu’on aurait cru moulé sur son corps.

et puis… il y a des  gentilles galipettes oui,  mais alors  gaffe hein :

Ses doigts se sont frayés un chemin avec fermeté jusqu’à ma culotte. Ils se sont
déployés sous la dentelle fermement, mais tout en respectant  les cinquante euros que j’avais mis dans ce sous-vêtement.

50 euros quand même…. ça se déchire pas avec les dents, même au paroxysme du désir ? Ben si Nicolas ! Justement, la raison n’a rien à faire avec l’érotisme,  vous êtes bien rat…d’autant plus que si, dans la fébrilité d’accéder à la peau vous bousillez 50 eruos de dentelles, c’est tout benef pour Rouge-Gorge, car gentlemen comme vous êtes, vous allez lui en offrir une autre, non ?

Car tout ceci n’ôte rien à la joliesse de cette collection de lingerie Rouge-Gorge, que j’ai vue et touchée, c’est mimi tout plein. Mais Rouge-Gorge n’habille pas les fesses des nunuches, nom d’un chien !

A une ITVW  sur le site du Figaro, Nicolas Rey répond ceci :

Avez-vous travaillé de façon différente pour écrire ces trois courts textes?

La nouvelle érotique est un genre en soi. Dans mes livres, ça se passe assez rapidement! Là, il a fallu installer le désir et la sexualité dans le temps. Je m’imaginais dans la peau du personnage masculin, ce qu’il pouvait m’arriver au cours d’une nuit, d’une journée, d’un week-end. J’ai aussi un côté très féminin, et fleur bleue. Ça m’a plu. Et je dois dire que la lingerie m’a pas mal inspiré!

Ca me laisse sans voix….

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6 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Marc DUPUY dit :

    A reblogué ceci sur Marc de Marseilleet a ajouté:
    Quand l’association d’une marque de lingerie et d’un auteur de nouvelles érotiques tourne à la banalité !

  2. Florence dit :

    Opinion partagée à 100% 🙂
    Lire aussi l’excellent billet de Claro : « prose si torride qu’elle nécessiterait au moins six jours pour faire cuire dessus un quart d’œuf de caille » ; « pas sûr que ça vous procure une trique aussi avantageuse que le deal que l’auteur a dû conclure avec le vendeur de slips »

    http://towardgrace.blogspot.fr/2013/11/rey-au-milieu-du-cul-en-ligne.html

    Si les textes de Rey ne valent rien, ils donnent au moins aux (excellents) critiques l’occasion de faire de succulents billets ! Toujours ça de pris, comme on dit…

  3. anne dit :

    @ Lulu : Je n ‘ai rien non plus contre Rouge-Gorge .. j’aime bien leur collection en plus ; et non, dommage, personne ne me paie pour dire du mal :)) ni du bien d’ailleurs…mais je supporte pas deux choses : qu’il y ait deux poids deux mesures et qu’on martyrise l’érotisme. Et il y a plein de textes érotiques que je trouve super et que j’ai chroniqués ici ou sur le Salon Littéraire.

  4. anne dit :

    En fait Pierre, c’est surtout pénible de voir que la presse semble trouver ça très bien alors qu’elle tire à boulet rouge sur des textes similaires qui ne sont pas signés Nicolas Rey ; les journalistes et chroniqueurs semblent tellement exigeants en matière de littérature et d’érotisme que ce satisfecit est insupportable. Et puis, c’est quoi cette image de fille et d’histoire cruches ?
    Je n’ai rien contre N.Rey, c’est juste contre ses textes.

  5. Lulu dit :

    J’ai envie de dire à Nicolas Rey, ce 6 décembre : Bonne fête !
    Mais ils s’en foutent, les soutifs Rouge Gorge si c’est bon ou pas, l’important c’est que la marque s’affiche partout sur le net et qu’on en parle ! Anne Bert, vous leur faites de la pub avec cet article ! Ils vous ont payée aussi ?

  6. Pierre dit :

    J’avais pourtant lu que les médias saluaient cette fantaisie et les textes de Rey, alors je viens de parcourir ces 3 nouvelles pour juger sur pièces. Comment dire ça ? Pour rester pudique, disons que si ces nouvelles avaient été éditées par un ou une inconnue, la presse aurait ricané de l’indigence. Comme quoi, selon que vous soyez connu ou pas, du milieu show bizz ou du cénacle des Lettres, ou pas, change toute la donnée.
    Il vaut mieux que Nicolas Rey renonce à l’écriture chaude qu’il ne maîtrise pas du tout et du reste je n’ai pas aimé ses livres non plus, mais j’aime bien ses Journaux intimes sur France Inter. (Dans lesquels il se moque des bêtises des uns et des autres, donc il devrait savoir bien accueillir votre post, en bon humoriste puisque c’est son fond de commerce)

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