Livres en tête, les lectures érotiques

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Le Festival Livres en tête, présidé par François Busnel (  La Grande Librairie France 5)  a conclu en beauté vendredi 29 novembre,  avec la soirée Sonore et Gomorrhe et le Bal à la Page.

Les Livreurs ont enchanté l’assistance en lisant, ou plutôt en interprétant  17 extraits érotiques de factures très variées et il est à souligner que les textes contemporains ont eu une large place.  Leur talent a redonné à l’érotisme toute la saveur et la subtilité des détails, si importants en la matière. La diction, la gamme des voix, la respiration, les mimiques, les gestes, ont caressé ou fouetté les mots comme ils devaient l’être. Il y eut du soft et du très cru, les tabous laissés à la porte de l’auditorium St Germain où il souffla un vent de liberté bien agréable en ces temps d’interdiction de toutes sortes. Il y a  quand même de sacrés coquins, très facétieux, au Service Culturel de la Sorbonne et c’est plutôt réjouissant que la littérature rappelle qu’elle peut tout dire du monde.

Voici la liste des textes lus, proposée par Pierre Jourde.

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Il y eut de grands moments de rire..notamment lorsque un des livreurs nous a lu Ecoute-moive, tout p’tit, avec toute la gouaille d’un San Antonio, ou le talentueux lecteur qui nous a interprété L’aspirateur qui raconte les déboires initiatiques d’un jeune homme aux prises avec un aspirateur Electrolux..ou  bien la jeune femme qui nous conta le fantasme d’un homme qui ne bandait que mourant enfermé dans sa bière… La zoophilie fut illustrée par le texte La jument avec laquelle son livreur gambada allègrement, mention spéciale pour lui car le sujet était périlleux..tout comme celui qui lut les frasques de Conquette avec son père. Et chaque livreur a excellemment œuvré

Les interludes langoureux que vous entendrez  entre les textes de l’enregistrement ci-dessous ne sont pas les émois du public ou des lecteurs mais les folies de l’excellent  batteur Norbert Lucarain  :


Le texte gagnant du  concours Sonore et Gomorrhe organisé en partenariat avec  Short édition est Une histoire de crevettes, de Gaël Montade :

https://anneelisa.files.wordpress.com/2013/12/une-histoire-de-crevette.mp3

J’ai eu le grand  plaisir de rencontrer lors de cette soirée une consoeur, auteur de nouvelles érotiques, Clarissa Rivière que je ne connaissais que par contact de réseau social, une jeune femme mi-ange mi-démon qui  a fait un compte rendutrès détaillé de la soirée avec ses animations du Bal à Page

Enfin, Pierre Jourde a dédicacé son émouvant  livre La première pierre qui a reçu le prix Jean Giono,  et dont je mettrai en ligne prochainement mon retour de lecture.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. anne dit :

    Oui, j’ai entendu quelques protestations au fond de la salle, pour ce texte-là et celui sur la zoophilie … Mais je pars du principe que la littérature peut tout dire du monde, ces textes existent, beaucoup sont des classiques consignés dans des anthologies, ça fait partie de la littérature qui ne consacre pas que les bons sentiments, celle dit tout des gens, des choses de la vie, elle ne doit pas être « morale » sinon, c’est de la culture domestiquée par l’état , l’église ou les bonnes moeurs. La littérature doit aussi déranger, faire réfléchir, se questionner. Lire un texte immoral ou amoral ne veut pas dire que l’on souscrive à ce qui est écrit ou lu. Jourde a eu raison de faire ce choix très éclectique et de lire ce texte incriminé par certains, et s’ils ont eu l’impression qu’il l’approuvait, c’est simplement qu’il l’a bien lu. J’ai chroniqué sur le Salon Littéraire Petite table sois mise ! de Anne Serre, et me suis fait traiter de tous les noms et traîner dans la boue par des intégristes qui ne savent pas aborder la littérature. Ca ne m’émeut pas. Il me semble bien que de nombreux livres parlent de guerres infâmes, de nombreux films racontent des horreurs, ce n’est pas pour autant qu’ils célèbrent tous l’horreur. Il faut aussi replacer les choses dans leur contexte, au 16ème l’inceste, la pédophilie et le sexe pratiqué par les curés étaient dans les mœurs…
    Quant à mon texte pour le concours, c’était » La faute à Apollinaire » un genre de petit pamphlet à la mode d’Apo pour fêter sa rentrée dans le domaine public et me moquer de 50 Nuances…J’aime bien se faire rencontrer les personnages et les auteurs de différentes époques…Culculine avait un autre panache qu’Anastasia !
    Le voici :
    LA FAUTE A APOLLINAIRE
    ______
    Coquins, vous a-t-on relaté que le 29 septembre 2013 très précisément, onze mille verges sont tombées comme des hallebardes sur la place publique ? Imaginez un peu l’obscène spectacle pour célébrer gracieusement la débâcle de la vertu et de l’érotisme domestiqué ! A la queue leu-leu, flanquées d’un cocher cinglant, les hampes charnues enserrées dans des mains gaillardes, se dressaient vers le ciel de Paris. Elles furent attirées comme des mouches par les phéromones de l’innocente Anastasia, menottée aux grilles du numéro 27 de la rue Jacob, occupée à tapiner par amour pour ses maîtres. Dix mille d’entre elles la besognèrent sans aucune nuance. Anastasia, après tout, devait embrasser un tas de crapauds avant de trouver son prince charmant et les baises et autres enculages devaient être brusques, c’était écrit. La donzelle semblait y trouver quelque avantage, réveillée d’un long engourdissement, elle invectivait ce corps armé qui faisait bloc, en gueulant des ahhh et des ohhh… des encore !… Au suivant !… Doux Jésus ces pines sont en moi… Ça tire à couilles rabattues, comme c’est cochon… Comme c’est cochon… Ah oui, encore… et autres fadaises de jeune fille docile autrement émoustillée par l’odeur d’un stupre un peu plus rustique que celui de son bellâtre de maître Christian. Fourrageant ses trois orifices, les queues déversaient une pluie de foutre dans toutes les bouches de la belle enfant qui n’avait jamais été aussi affriolante que fourrée de la sorte. Les yeux fous et révulsés, Anastasia dégorgeait à petit bouillon laiteux tandis que les mille verges restantes, plus facétieuses, s’intéressaient à son maître qui observait la scène, abasourdi. Son bébé furieusement foutue le faisait triquer comme jamais, mais, mais enfin… ce n’étaient pas des manières d’être travaillée par ces gros dards graveleux aux couilles trop grasses sans lui avoir demandé son avis ! Perdu dans son indignation, il contemplait sa douce élève subitement transformée en gorgone lubrique.
    Il eut le sentiment de s’être fait baiser sur ce coup-là, ce qu’il ne croyait pas si bien penser, car en plein dans le mille, c’est ce que les dernières verges visaient en le maîtrisant pour le déculotter. Que voulez-vous les amis, ce foutoir est la faute à Apollinaire, fouette cocher, fouette ! Le premier dard partit en éclaireur dans le sillon culier rougi pour préparer son œillet à l’assaut, sous l’œil des éditeurs agglutinés sur le trottoir, fortement alléchés par la juteuse escouade fraîchement débarquée.
    _____________

  2. Nadia dit :

    Sympa la diversité des textes ! Je viens du Nouvel Obs où Pierre Jourde dit qu’il y a eu des plaintes quant à la moralité des œuvres lues, comme l’inceste abordé avec La Bretonne. Vous n’aviez pas écrit un texte pour le concours Livre en tête ? Je ne retrouve plus son titre.

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