Jardin de mémoire sans chrysanthème, cercueil écolo


P1030414C’est la faute à Poincaré, nous raconte  Alain Baraton, si le chrysanthème, fleur symbolisant l’amour éternel, est devenu la fleur emblématique de la mort et du souvenir. Je n’aime pas cette fleur sans arriver à savoir si c’est parce que je l’ai vue depuis toute petite fleurir les cimetières, ou si c’est en raison du port érigé de sa floraison beaucoup trop compacte et disciplinée.

photo Tom Conelly, 2005
photo Tom Conelly, 2005

J’ai un rapport au cimetière assez curieux. Je les aime tout petits, pas domestiqués avec des herbes folles, exemptes de marbre brillant et de couronnes mortuaires. C’est dire si je n’en aime pas beaucoup, même si un de ces lieux, pourtant immense,  m’a  un jour séduite, c’est  le cimetière Notre-Dame-des Neiges à Montréal, perché sur le Mont Royal dans un parc  planté de  milliers d’arbres de toutes essences ou s’ébattent  des marmottes et des écureuils  un lieu superbe empreint de poésie, de douceur et de vie.

D’autres, très dépouillés, m’émeuvent, comme celui de Talmont au pied de l’égliseP1030445 Sainte Radegonde, face à l’estuaire de la Gironde, qui m’a d’ailleurs inspirée pour écrire mon roman Perle, (lecteurs chastes, surtout ne cliquez pas sur ce lien).

Nous avons tous une idée sur le devenir de nos corps, mais inhumés ou incinérés, il faut choisir le lieu où seront dispersées nos cendres,  où sera  enterrée notre dépouille. Disperser mes cendres dans l’océan, est certainement ce qui me plaît le plus parce que cet élément accompagne ma vie.Et j’imagine que je dispenserai ceux qui m’aiment de venir dans un lieu sinistre  que sont les cimetières.  Ainsi, si mes proches le souhaitent et quand ils le voudront,  l’Atlantique leur parlera de nous et le vent emportera vers moi leurs secrets.

Mais en discutant avec d’autres sur ce moment de séparation définitive, certains m’assurent qu’il leur faut un lieu bien précis pour  venir à la rencontre de leurs morts. Pour pouvoir faire perdurer le lien et ancrer dans leur histoire commune l’endroit où réside les restes du corps. Bref quelque chose de plus  tangible.

Les Jardins de mémoire , un lieu très beau, existe à Auray, dans le Morbihan. Ce matin il a  encore été évoqué sur les ondes de France Inter. C’est un immense parc, lumineux et vivant.  Chaque famille choisit un arbre qu’elle plante, et disperse les cendres à son pied.  La famille peut s’y retrouver  avec les enfants, on y pique-nique, on y joue, on y médite, on y lit, on chuchote ses secrets,  mais on n’y parle pas tout bas parce qu’il le faut, on y est pas triste,  il y a des rires et de la vie auxquels on convie le mort.  La mort fait ainsi partie intégrante de la vie.

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L’idée est  belle, les gens interrogés dans ce jardin confient leur absence d’angoisse, leur sentiment d’être encore  réunis , les enfants accrochent aux branches des arbres des dessins, des clochettes, des gris-gris, les arbres poussent avec eux, au pied d’un père,  d’une mère, d’un grand-père, d’une grand-mère….Un grand-père explique qu’il vient s’asseoir et parler à  sa petite-fille pour laquelle il a planté un arbre, et que si celle-ci n’a pas eu le temps de grandir, il regarde son arbre pousser pour elle.

Voici ce qu’en dit le fondateur des Jardins de mémoire :

am_(014)Parce que j’ai refusé de  confier les cendres de ceux qui m’étaient chers à la froideur d’un columbarium, triste niche stérile façonnée dans la pierre; parce que j’ai refusé de confier leurs cendres aux caprices du vent, ce voyageur sans mémoire, j’ai créé en 1998 « Les jardins de Mémoire ».
Depuis, de nombreux arbres-mémoire, témoins de vies passées, y ont été plantés.
Ici la verdure du jardin, la douceur de la rivière, la lumière de ses eaux, les chants des oiseaux sont  venus  remplacer le gris et la froideur des marbres des cimetières.
Ici, règne la couleur, la lumière et la beauté dans un écrin exceptionnel sur les rives du golfe du Morbihan.
Ici l’harmonie, pendant quelques trop rares instants, distrait  l’homme de sa peine.

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Enfin, une jeune femme, Brigitte Sabatier, fortement choquée du coût des cercueils et accessoires lors d’un décès d’un proche,  a monté  AB Cremation, une société spécialisée dans les funérailles écologiquement responsables. Elle propose des cercueils écologiques pour la crémation en matières de carton, cellulose, lin, coton, amidon de maïs, pomme de terre…avec des motifs sobres ou  fleuris ou gai, voire personnalisés pour ceux qui le souhaitent.

Capture22 Les urnes sont artisanales et toutes belles, on échappe ainsi aux accessoires sinistres. Le coût de ces obsèques est bien  moindre.

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