Le sel de la vie de Françoise Héritier

leseldelavie

Le sel de la vie, c’est un livre de liste. Une énumération sur 87 pages de choses gratuites qui peuvent paraître fades et inutiles mais qui constituent  pourtant un trésor intime pour son auteur, et peut-être un antidépresseur pour tous ceux d’entres nous qui doutent du sens de notre quotidien et angoissent parfois à mort.

Feuilleter ce livre, c’est un peu comme prendre un Alka Seltzer pour gros mal de crâne, ou un Euphytose pour grand stress, ça apaise tout doucettement.

Françoise Héritier est anthropologue , un jour elle reçoit une carte d’un ami très cher, médecin  et professeur de renom qui lui dit prendre une semaine de vacances « volées ». Elle s’interroge sur le bien fondé de cette impression de voler aux malades, à soi ou à la vie quelque chose en s’accordant une semaine de bien-être, et de fil en aiguille médite sur le sel de la vie, tout ces petits riens qui nous émerveillent le temps d’un  instant, sans lesquels la vie ne serait pas ce qu’elle est. Des petites grâces, images, postures, odeurs, bruits, musiques, partages, regards, actes…

L’énumération peut paraître ennuyeuse si on lit le livre d’un coup d’un seul. Je dirais même carrément pénible et à contre emploi, tout simplement parce que les pages de ce petit ouvrage doivent se lire à dose homéopathique. Du minimalisme à grands effets. Idéal dans les transports en commun, dans une salle d’attente ou quand tout et tout  le monde vous emmerde. Il y a un peu de La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, de Delerme dans ce livre, une façon de rappeler que dans notre société où tout se  fabrique et vend pour nous rendre complètement marteau, on peut se se rappeler qu’avoir un peu peur la nuit, prendre une bonne douche, admirer la belle engeance d’un groupe d’adolescentes, manger du réglisse, être bêtement content de ce que l’on vient de faire,  éternuer sept fois de suite en ayant la chair de poule, vibrer au timbre d’une voix,… donnent  des émotions qui attestent de la force de la vie. Une façon de s’évader de nos connexions aliénantes.

Bien que je ne goûte pas vraiment  l’exploitation facile des livres de liste, celui-ci n’est pas déplaisant dans la mesure où il  peut nous  inciter à débrayer de nos automatismes et nous laisser aller en roue libre. C’est déjà pas si mal. Par contre,  je me demande si un tel livre  aurait été accepté d’un auteur sans renom, publié et commenté sur des sites culturels comme il l’a été, mais c’est une autre histoire.

Entretien avec l’auteur, mené par  la Librairie Mollat

Le Sel de la vie- Françoise Héritier – Edition Odile jacob – 87 pages – 9,90 euros.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Tatieva dit :

    Ca apaise tout doucettement…
    Un soir ou un moment au hasard, quand le rythme de la vie va trop vite, ouvrir le « sel de la vie » et se laisser porter par quelques phrases piochées de-ci, de-là.
    Des petites grâces ? Oui, des petites grâces dont le baume calme l’agitation intérieure, les turbulences ou juste pour prolonger un instant déjà doux, avant le sommeil…

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