Dexies & Dolly de Olivier Benyahya

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Olivier Benyahya nous raconte une drôle d’histoire, les personnages barbotent dans un milieu parisien aux relents d’herbe et de substances planantes, les  nombreux dialogues savoureux  et inspirés  percutent, l’écriture serpente, c’est assez rock and roll  mais pas du grand n’importe quoi, même si le lecteur est allègrement baladé et souvent planté. En, fait il s’en fout Benyahya du lecteur, ou plutôt il ne le prend pas  pour un demeuré à qui il doit baliser la route et tout expliquer.

Le narrateur, Joseph Kaplan ,  est un écrivain en panne qui a écrit des livres aux titres curieux (le Sanglier par ex), il ne vit pas de son écriture et  travaille dans un sex-shop, Xtreme store,  il range des godemichés et vend des lubrifiants, en pleurant sa nana partie, une certaine Nina qu’il n’arrive pas à désaimer.

Il  rencontre plein de filles qu’il ne touche pas vraiment,  fait plein de trucs bizarres, comme dormir sur son canapé plutôt que dans lit parce que son corps n’aime plus son lit, il est obsédé par une tache sur son plafond, et prend de la distance avec les choses du sexe depuis qu’il est fidèle à son infidèle partie avec un autre.                                      [..Ma vie sexuelle, ces derniers temps, avait emprunté un cours nouveau. J’étais désormais proche de l’autarcie. Une gestion solitaire et satisfaisante de mon plaisir physique. Si je m’en inquiétais parfois, je dois dire que cette inquiétude elle-même me semblait essentiellement relever du conditionnement , ne témoignait pas d’un réel embarras ; elle exprimait plutôt une forme d’étonnement un questionnement par rapport à la norme sociale…]

Son patron et ses potes, le libraire, son écriture, ses idéaux politiques, l’amitié, ses questionnements sur le porno et le sexe, les voyages, tout est intimement imbriqué dans la tranche de vie que  Joseph nous narre dans un désordre que la littérature n’a pas à maîtriser puisque lui-même n’y parvient pas.  Après une première impression en début de texte d’écriture boboïste, j’ai trouvé le texte finalement assez jubilatoire, même si Benyahya débarque le lecteur sans crier gare et n’en a rien à faire qu’il  ne saisisse pas tout des passages en anglais.

Curieuse comme je suis, j’ai fouiné sur le net pour chercher la  signification du titre, je l’ai trouvée je pense sur  cette page  Dexies: amphetamines/speed   et Dolly : methadone . Pas mal…

Dexies & Dolly – Olivier Benyahya – Edition Allia –  107 pages – 9 euros –

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