Pierre Molinier le sulfureux, à Bordeaux

Pierre_Molinier_PM034_72_largePierre Molinier  à Bordeaux du 24 septembre au 21 décembre 2013

Si vous vous intéressez à l’érotisme, aux genres, à  l’identité et l’intime des corps et que vous ne connaissez pas cet artiste , allez faire un tour à Bordeaux, la ville célèbre le génial  provocateur Molinier jusqu’à la fin de l’année 2013.  Du théâtre, des conférences et des projections,  des expositions de ses œuvres érotiques, vous trouverez dans ce très beau programme de quoi satisfaire votre curiosité ou votre goût pour la liberté et  la perversité totalement assumée.

Parce que Molinier, qui s’est suicidé en1976 après avoir rédigé son épitaphe « « Ci-gît Pierre Molinier, né le 13 avril 1900, mort vers 1950… Ce fut un homme sans moralité, il s’en fit gloire et honneur. Inutile de prier pour lui. » »  n’a pas attendu que ce soit la mode, il n’a pas non plus profité de quelconques opportunités commerciales ou sociétales  pour exprimer dès les années 50 , sa vision de la liberté d’être et de vivre son corps bien au-delà de la morale et de la convenance, ni pour explorer la question des genres sexués, des fantasmes,  du fétichisme et tout ce que le sexe peut révéler de soi et des autres.Pierre Molinier Cet artiste surréaliste s’en est donné à cœur  joie, il a découpé, collé, monté, démonté,  mélangé, bidouillé les corps féminins et masculins et les accessoires pour passer la chair et le sexe à la question, ne cessant de vouloir transformer le monde en immense bordel .

L’artiste reconnaissait être totalement obsédé et notamment par la mort, celle de sa sœur, et de son père. Sa sœur… sur son corps sans vie, lorsqu’il était garçonnet, il s’est recueilli à sa manière  pour lui témoigner son amour : Elle avait des jambes sensationnelles… Alors je lui ai caressé les jambes un peu. Ça m’a fait de l’effet, je me suis mis sur elle, et là j’ai joui, sur son ventre, morte… Parce que, comme ça, le meilleur de moi-même est parti avec elle… Qu’est-ce que vous voulez, la mort c’est-à-dire que c’est rien du tout, la mort, c’est, c’est rien.  Aveu ou fanfaronnade fantasmée, qu’importe, Molinier le scandaleux, l’obscène,  se fichait  bien de la censure, il cherchait l’excès pour se projeter hors de lui. N’était-ce pas en fait un transformiste ?

Self Portrait
Self Portrait

→  Lire le programme sur Calaméo 

→ Les 27 et 28 septembre la Cie du Théâtre du Pont Tournant donne→  Le miroir en pire ». 

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Rajah dit :

    J’aime beaucoup cette photo de Molinier, portrait aussi gris que son décor, mélancolique. Heureux les Bordelais qui auront saisi la lumière de Molinier.

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