Les Chattes, de Thomas Galley

sommeilcourbet

Les amours lesbiens, écrits par un homme. Thomas Galley a dû être femme dans une autre vie.

Thomas Galley,  le transfrontalier allemand qui manie si bien notre langue française, après avoir publié  le sensuel roman Nathalie, nous revient avec Les chattes, un roman numérique  érotique qui s’attelle aux amours lesbiens.

Le titre n’est pas salace…il m’évoque plutôt le ronronnement et les mines que font ces petites
bêtes poilues, douces et griffantes, pour se faire caresser.

Il ne faut pas s’arrêter au premier chapitre de ce roman pour juger leschattes3dsimplede l’ensemble ( ni peut-être à la couverture) car cette entrée en matière est la partie la plus faible du texte. Sans doute  aurait-fallu y aller plus franco, sans s’attarder à faire une trop  classique présentation de l’héroïne, Marie.

Ces premières pages paraissent assez artificielles par rapport au reste, alors que l’angle choisi par Thomas Galley  pour nous parler d’amours féminins, est intéressant et fort puisqu’il laisse le lecteur et Marie constamment  sur le fil de rasoir, ne laissant jamais le désir se consommer.  Et c’est malin de la part de Thomas Galley parce que la littérature érotique pèche souvent par cette manie qu’ont les auteurs de gaver le lecteur de jouissances effrénées, sans temps de latence.

Marie, l’écrivaine, vient de rendre son manuscrit à son éditrice. Elle navigue dans cet état bizarre d’errance d’après écriture, et perd son temps à surfer sur le net. Troublée par des propos lus sur un forum, elle se questionne sur l’homosexualité féminine et  prévoit de se pencher sur le sujet  pour peut-être en faire un livre. Elle rencontre pour la promo de sa prochaine parution, Nadège, une journaliste qui, au détour de la conversation, lui propose de l’emmener dans des lieux dévolus aux amours saphiques afin qu’elle puisse enquêter et se faire une idée de ce monde très éloigné de sa vie.

Nadège, que  Marie perçoit comme pratiquante homo, se fait un malin plaisir à balader la jeune femme de façon désinvolte, sans jamais rien trahir de ses propres émois ou désirs.

Le rapport qui s’établit entre les deux femmes est ambigu, il symbolise ce qu’est, ou ce que devrait être,  le désir érotique. Une chose indicible, mouvante, lente, dans laquelle le doute s’immisce et ravage les sens et l’esprit.

Pour l’initiation, Marie regarde, écoute, mais  ne touche pas.

Nadège, d’ailleurs, pose une seule  condition à l’initiation théorique de Marie : elle va lui faire rencontrer des lesbiennes et lui montrer des choses si fortes qu’elle aura envie, sûrement, d’y succomber. Et bien, elle devra tout  refuser.

Marie accepte donc de n’être que témoin. Elle va entendre et écouter les témoignages de ces femmes mais aussi assister, en tant que voyeuse,  à des jeux  et des soirées érotiques où les femmes, parfois, se font dominantes.

 Ainsi Thomas Galley   ne cesse de se  jouer de  Marie avec des évocations, des mots et de simples confessions, puis la jette dans la fosse aux lionnes sans qu’elle ne puisse apaiser ses sens énervés. Car Marie, entre gêne et trouble,  va être très énervée…et les deux femmes  qui campent tant bien que mal sur leurs réserves, ne cessent de danser un tango déstabilisant….

Thomas Galley, Les chattes, édition Numériklivres,

3,49 € –  110 pages , formats :  e-pub, mobypocket, version web

 

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