revue de presse : de la longévité au plaisir féminin

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Samedi matin, en arrivant au  salon du livre de La Rochelle,  petit café-croissant avec Sud-Ouest et Le Monde, histoire de m’énerver un peu. Avez-vous remarqué combien la lecture  matinale des quotidiens et les infos des radios nous  lissent toujours le poil dans le mauvais sens ?

Revue de presse : j’ai choisi de vous parler de joie et de  longévité avec SUD-OUEST et de mon agacement au sujet du dossier de désir et de plaisir amoureux avec LE MONDE

Ce matin donc, Sud-Ouest est  drôlement plaisant dans son supplément magazine du week-end,  le dossier  où vit-on le plus vieux ? révèle que notre région  est sans conteste celle de la qualité de vie et de la longévité. Bien sûr nous sommes aux confins des frontières de ce sud ouest,  les esprits chagrins assurent  même  que la Charente Maritime est au centre ouest, mais je  vous assure qu’ici on se sait déjà dans le sud.

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La couverture du MAG de Sud-Ouest met à l’affiche  sous l’oeil de Didier Paganeau , les déjà célèbres Raymonde Saumade et Lucienne Lacheau-Grare, de superbes jumelles centenaires qui coulent de beaux jours à St Georges de Didonne, aux portes de Royan.  N’allez pas croire qu’elles se conservent si joliment avec de soporifiques tisanes et des après-midi de siestes à n’en plus finir. Que nenni !   Ces dames fêtent la vie en prenant l’apéro régulièrement , whisky ou pineau et Ricard l’été…et jouent souvent au tarot quand elles ne se baladent pas le long du rivage. Les jumelles ne font pas partie des tamalous , elles gèrent leurs petites misères sans se plaindre et misent sur la belle humeur et la jovialité pour ne garder de la vie que le meilleur. Les diablesses ont dû malgré tout réfréner dernièrement  leur ardeur à conduire et à danser…

Quant aux secrets de ce bien être dans le Sud-Ouest, ( hit parade : le Gers, la Dordogne et le Lot et Garonne )  on ne vous le répétera jamais assez : du bon gras de canard ou d’oie, du vin,  un peu d’Armagnac ou de  Cognac et des produits  frais de maraîchers et de vergers.  Ajoutez à cela une certaine culture de la lenteur joyeuse et roulez jeunesse !

Moi qui suis rétive à  la dictature de la longévité à tout prix que prônent les apprentis sorciers, je me dis après cette lecture, que vu sous cet angle et avec des moyens pécuniaires suffisants, je veux bien marcher dans le sillage des soeurs jumelles. L’ordonnance me va bien.

Photos: Didier Piganeau Sud-Ouest, avec son aimable autorisation

Voilà donc pour le journal Sud-Ouest qui a le bon goût de ne pas nous plomber le moral un samedi matin…

 

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IMG02361-20121211-1537Quant au Monde, le premier coup d’oeil au titre de  la page culture et idées me hérisse déjà  :  Au plaisir des femmes –  L’amour et le désir font-ils de bons partenaires ? La question est déjà révélatrice…L’idée de soustraire le désir à l’amour  témoigne  du parti pris tout à fait judéochrétien de l’affaire….Le désir  serait donc ou devrait donc être absent de l’amour ?   La question doit-elle se poser ? Y-a-t-il amour sans désir de l’autre ? Et que dit le sous titre ? Pour Eva Illouz, les relations amoureuses libérées créent un « marché » amoral du sexe.  Allons donc !  m’est avis que cette  chagrine sociologue  ne vit pas dans le Sud-Ouest et ne fera pas vieux os avec de pareilles convictions. Selon elle, nos  nouvelles façons de vivre nos relations sexuelles et amoureuses s’apparentent à de la consommation non raisonnée, on choisit, on consomme, on jette lorsque la valeur d’usage est dépassée :  » …cette conscience qu’être aimé relève d’une option parmi d’autres, qui doit être sans cesse renouvelée, diminue l’intensité émotionnelle et le rend douloureux… »… » ..l’extrême liberté individuelle a fait perdre de vue les valeurs fortes de l’amour et de l’engagement.. » Et Eva Illouz de commenter 50 Nuances de Grey pour argumenter, comme si la publication de ce livre à l’eau de rose représentait toutes les femmes : « ..Le roman nous montre  combien l’ancien contrat entre une femme qui apporte la disponibilité sexuelle et une vie affective, et un homme qui donne en échange l’initiation érotique et la sécurité, séduit toujours les femmes. En le rompant [ce contrat] , le féminisme nous accorde l’égalité et la liberté, mais il a perdu la protection et la jouissance… »

Voyons voir …l’idée du couple et celle de l’amour  seraient -elles une fois pour toutes définies comme devant être  durables quoiqu’il arrive ? Le  couple s’engageant dès 25 ans pour …75 ans  d’amour (la longévité faisant, le durable dure encore plus longtemps…)  doit-il être  toujours un modèle quand on sait qu’il n’ a été valide que parce que la femme était sous la dépendance financière et morale de son mari ?  Pourquoi déconsidérer le lien amoureux dès lors qu’il ne dure pas toute une vie ? La notion de sécurité dont parle la sociologue est-il un gage d’amour ?  Pourquoi regrette-elle  que le contrat entre l’homme et la femme  ait perdu la protection et la jouissance ? En quoi la jouissance serait-elle liée à la protection ?

Ensuite l’article nous gratifie malgré tout d’une plus heureuse vision du lien amoureux, celle de Anthony Giddens qui pense que la révolution sexuelle récente a renforcé notre réflexion éthique et morale sur l’amour.  Convergence  amoureuse plutôt que romantisme, singularité de  la relation, envie de se donner du plaisir sexuel autant qu’affectif,  passage du couple fusionnel au couple fissionnel  pour ne plus se dissoudre dans le moi conjugal  où l’on se perd  ensemble  jusqu’à ne plus pouvoir se rencontrer.

Et puis, l’article se perd dans un amalgame que je ne comprends plus,  statistiques en bannières qui ne disent rien des hommes et des femmes. C’est   comme  nous faire croire que toutes les femmes s’identifient à l’héroïne de 50 Nuances, aiment se faire fouetter, pratiquent la sodomie et se masturbent quotidiennement avec leur petit canard.

Et si  quelqu’un peut me faire l’explication de texte de ce passage  :

 » Pour les couples plus âgés, l’exclusivité sexuelle pose parfois problème après des années de vie commune. Ils s’interrogent : doit-on renoncer au plaisir ? là encore, la question concerne désormais autant les hommes que les hommes  : c’est le phénomène cougar. Selon l’enquête Inserm 2006, 24% des femmes admettent une aventure extraconjugale . »

En quoi le phénomène cougar concerne-t-il la question posée « Doit-on renoncer au plaisir ? »

Les rédactions ne pourraient-elles pas envoyer leurs journalistes en formation accélérée  « sexe »  afin qu’ils sachent de quoi ils parlent ?