salon du livre érotique, à Evian l’érotisme se décline sur toute la gamme amoureuse

Pour sa deuxième édition, le salon du livre érotique d’Evian a préféré la chaleur du juin  aux frimas de novembre.  Le Lac Léman  sera toujours là pour rafraîchir  les coups de chauffe, car  tout sera fait pour ne  pas vous laisser de marbre.  Ce qui n’est pas si compliqué car les visiteurs rencontrés l’an dernier étaient tous souriants  et avenants, cette région frontalière respire la bonne humeur.  Je ne reviens pas sur la première édition , vous pouvez lire ce  billet que j’ai rédigé l’an dernier.

Il faut revenir sur le concept de la manifestation. Les livres sont associés aux arts plastiques et visuels, aux fanfreluches et accessoires coquins. J’entends ça et là des puristes ironiser sur le sort de la littérature dans un tel assortiment olé olé et souvent marchand.  Mais quoi….cessons d’être hypocrites, à quoi s’intéressent  d’abord les éditeurs sinon aux ventes et à la rentabilité ?

Avant tout, pour ceux qui  ne connaissent que les salons érotiques itinérants Eropolis, cela n’a RIEN à voir !  RIEN.  Car ces salons érotiques  qui baladent dans nos régions les anatomies de jolies danseuses ne connaissent ni le papyrus ni Guttemberg.  Curieuse que je suis,  j’ai  voulu tester la chose  il y a deux ans, pourtant mise en garde par mon éditeur. Ce fut un grand moment. De solitude.  Ayant réussi à convaincre la directrice, j’ai obtenu de venir gracieusement présenter mes livres au salon érotique de la Rochelle, vilaine colonisatrice que j’étais.  Elle m’avait placée juste à côté du podium , sous les baffles, presque en guest star, sauf que j’étais vêtue.   Emplacement parfait pour vérifier l’épilation intégrale des danseuses et danseurs et ne rien manquer de leur anatomie, bien fendues ou bien garnies, ni des regards extasiés des spectateurs des premiers rangs, regards de petits garçons face au  père Noel.  Ils sont venus nombreux faire de grands arc de cercle devant ma table en me demandant timidement ce que j’avais sur la table, sans oser approcher. Des livres, ai-je suggéré d’un ton très doux pour les apprivoiser, comprenant qu’une verge ou un  cul les effrayaient moins que ma pile de livres. ET c’est vous qui les écrivez ? les  yeux exhorbités. J’avais ‘impression d’être une extra terrestre ou les frères Lumière à moi toute seule. Je ne lis jamais me confirma une jeune femme très dévêtue. La directrice a voulu préparer un petit topo pour me faire de la pub sur scène, je note donc sur son papier que L’eau à la bouche est un recueil de nouvelles. Elle est revenue me dire que j’avais oublié d’inscrire un mot après » nouvelle  » qu’ elle ne comprenait pas ce dont je parlais. En fait elle en savait pas ce qu’était une nouvelle. Ce fut un magnifique fiasco.

Donc, non, le salon d’Evian n’est pas un  salon érotique  Eropolis!  Mais un salon du livre érotique ..et des dessous chics. Ah…. des dessous ?

A vrai dire, j’étais moi-même dubitative l’an dernier. J’y ai réfléchi…Tout d’abord il m’est arrivé d’être invité à un salon du livre associé aux Floralia…La culture de la terre et de l’esprit…on venait acheter ses plants de tomates, ses poireaux et ses pétunias et un roman de Laurent Mauvigner ou  un essai de J.F Khan …et même L’eau à la bouche .  Alors pourquoi après tout, s’offusquer de présenter de la littérature avec de la peinture, de la photo, des films, du strip-tease burlesque, de la confection  (parfois très haute couture), des jouets érotiques etc….

C’est festif. Le livre décomplexé. De toute manière, soyons-le,  totalement décomplexés en matière d’érotisme et de jeux amoureux, qu’ils soient charnels ou cérébraux , puisque les  bien pensants, les libraires, les médias très souvent  snobent nos écrits qu’ils ne jugent pas littéraires ou pas convenables  et se penchent rarement sur l’actualité érotique. Laissons donc les détracteurs cultiver pépère leur vertu et leurs poussières et soyons simplement nous-mêmes en  gageant  que  le bon grain sera trié de l’ivraie par les lecteurs et les adeptes de cet art de vivre. Car l’érotisme est bien un art de vivre. On pourrait aussi  d’ailleurs  y présenter des productions viticoles…Je me souviens qu’une cave en partenariat avec une librairie  avaient associé mon recueil L’eau à la bouche avec un Madiran.

Dats, l’organisateur,  propose tout  un univers érotique artistique. Et je trouve cela très bien.  J’espère  que sera une jolie fête du livre, qui saura pousser du coude les fripons petits canards pour se faire une digne place aux yeux des médias  qui souvent retiennent plus cet aspect  ludique et frivole que la démarche  littéraire  ou artistique de la manifestation.

Cette année,  les  2 et 3 juin, Evian-érotique  promet deux jours de découvertes et de plaisirs de lecture, mais aussi  de réjouissances conviviales  très diverses, éditeurs, écrivains, lectures sur scène, films,scène burlesque,  conférences, ateliers d’écriture érotiques, vêtements, accessoires…Des prix littéraires seront décernés dans 3 catégories : 1er roman érotique, guide sexuel, et prix spécial du Jury.  Alors, jetez-un coup d’oeil sur le programme et venez-nous rejoindre !

J’y serai pour dédicacer Perle paru aux Editions Hors Collection en novembre 2011 et L’eau à la bouche chez Pocket et aux éditions Blanche, paru en 2009. Et surtout pour rencontrer les lecteurs, les auteurs, éditeurs et attachés de presse…du joyeux monde !

Perle est également en lice pour le prix spécial du Jury.