tourner les pages numériques

 

Que dire du livre numérique,  je n’en sais  rien encore, je le pense inéluctable et….raisonnablement utile, c’est à dire d’une utilité  teintée de bon sens.  Très attachée au livre papier, je ne me range donc pas dans les extrémistes résistants tant que je ne suis pas empêchée de lire des bouquins papier, donc tant qu’il s’en publie.

Ce matin, je lis dans Marianne un papier  » Le livre numérique se met à la page »  nous expliquant que les liseuses séduisent de plus en plus et  que le marché  est en constante progression, avec une croissance de 30%  par an jusqu’en 2015.

30% , certes… à ceci près que  le pourcentage est moins impressionnant  qu’il n’y parait lorsqu’on  précise qu’il part d’un marché de 0….mais,  là n’est la raison de ce billet.  J’ai regardé leur comparatif de liseuses, la Kobo de la Fnac, la Kindle d’amazon, la PRS-T1 de Sony et la Cybook Odyssey de Virgin.  Et  plus je lisais et plus je me demandais si nous parlions bien de lecture, de livres, de littérature, bref de culture. Oui, je sais que d’aucuns me reprocheront de sacraliser la littérature alors qu’elle doit être démocratisée. Comme si  d’ailleurs,  sacré et démocratie étaient antinomiques…

Les arguments positifs et négatifs de ces objets de lecture qui matérialisent le livre sont, entre autres,  leur capacité de stockage, la présence d’un dictionnaire ,  la présence d’un moyen pour attacher le stylet, mais aussi …..leur rapidité à tourner les pages…! Et là, je me dis que ça devient dingue, quand même…

Du coup,  je m’interrogeais sur la vitesse à laquelle je tourne mes pages avec mes petits doigts attachés à mon corps….Et j’interroge mes proches, à quelle vitesse tournent-ils  les pages de leur livre,  ils me regardent avec de grands yeux et me demandent si je vais bien. Ils n’ont pas compris ces innocents que c’est très important et que ça peut tout changer, que c’est un confort de lecture et un must,  la vitesse des pages tournées. Pourtant j’interroge Kindle, peut-il percevoir l’émotion que me procure le texte et moduler le tournage des pages en fonction ? hésiter, laisser la page en suspens,  à moitié tournée, éventer mon visage en lui faisant faire de petits va et vient, ou la tourner avec colère ? et que le bruit de la page varie selon ?

Sur un autre article, j’ai lu un jour que c’était aussi plus hygiénique de lire sur tablette, parce que poser ses doigts sur les pages d’un livre, c’est dégueulasse.

Quant à la capacité de stockage, la Kobo se targue de stocker 30 000 ouvrages. Alors je dis stop, cessons ce foutage de gueule. 30 000 livres. Combien de temps le français consacre-t-il à la lecture ? combien de livres , dans son temps libre,  peut-il lire ? Mis à part quelques uns qui vivent de la littérature, à travers la littérature et pour la littérature, personne n’aura le culot de proférer le mensonge qu’on est capable de lire 30 000 livres. Alors si ce n’est pas pour les lire, pourquoi les télécharger sur sa liseuse ? Pour en zapper quelques mots ?

Du coup, je me demande si la liseuse n’est pas un avatar du livre et du doigt qui se la pète.

Bref, on parle  là de produit, de performances dont la lecture n’a à mon sens rien à faire.  Le livre, le papier, la présentation, n’étaient jusqu’alors  peaufinés que pour mettre en valeur le texte. Le texte, rien que le texte.

Alors le livre numérique oui, mais de grâce, lisible sur un objet compatible avec TOUS les points de vente de livres de ce format et ne reléguant pas le texte à un prétexte de vente.

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Steph dit :

    La liseuse est à mon sens pour beaucoup un gadget à la mode, le truc qu’il faut avoir. Il est alors question de performance, en terme de rapidité, de stockage. C’est un objet, rien de plus. Les personnes qui possèdent un tel gadget liront-elles ? Oui tout de même, du moins je l’espère, mais jamais autant que leur appareil ne pourra contenir de livres numériques de toute façon.
    Quand il est question de livres numériques, malheureusement, il est bien plus souvent question de navigation entre les pages, de chargement, de questions techniques en somme, que de littérature, que du contenu, du texte lui-même. Quand l’effet de nouveauté sera passé, peut-être finira-t-on par voir ce qu’il y a derrière l’objet : le texte !
    C’est un peu la crainte que j’ai, pour le salon d’Evian : que l’on me prenne pour une sorte de vendeur fnac qui conseillerait la meilleure liseuse. Les aspects techniques, je m’en moque complètement, pourvu que je puisse lire et proposer de lire…

  2. Carmilla dit :

    Je ne suis pas non plus hostile aux nouvelles technologies mais force est de constater qu’il me faut beaucoup plus de temps pour lire sur une tablette numérique. On arrive en effet à « photographier » presque instantanément » une page papier mais une page numérique, on est obligés de la lire ligne à ligne.

    Je m’étais abonnée à certains journaux « en ligne » mais j’ai vite renoncé quand j’ai constaté que ça me prenait 3 fois plus de temps.

    Quant à un livre, ce qu’on lit en 2 jours sur le papier, on est toujours dessus au bout de 2 semaines en numérique, dans la meilleure hypothèse car on a généralement abandonné avant.

    Carmilla

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