littérature érotique à Evian

Le lac Léman ne s’est ému de rien,   ni des mots crus ni des manies et  bizarreries  amoureuses,  ni des petites culottes qui ne cachent rien , ni des bijoux à ne pas mettre n’importe où,   pas plus des photos  et des peintures qui célèbrent la chair et les corps,  non, de rien…

Bienveillant,  il  baignait les pieds d’Evian, tout lisse et tranquille, brillant de soleil. Cette région est  de toutes façons bienveillante, les gens sont  aimables, polis et patients, ils s’arrêtent même pour laisser passer les piétons…c’est dire.

Dans cet écrin de douceur et de lenteur, donc, Evian a accueilli  les cris et les chuchotements des écrivains licencieux avec beaucoup de professionnalisme, de chaleur et de classe. Bravo à Dats Folk, l’organisateur, bravo à son équipe !

Cette première édition du salon du livre érotique fut un succès et la gageure n’était pas évidente….tant l’érotisme est galvaudé par les médias et notre société du spectacle, tant la littérature érotique est  ignorée ou confondue avec le goût du sexe marchand. Bien sûr il y avait aussi des froufrous et des choses affriolantes, mais quoi ?  C’était bien l’érotisme qui était célébré, un art de vivre, cérébral et charnel,  la littérature a fait bon ménage avec l’art photographique,  pictural, et les petites choses  frivoles qui vont bien avec. Faut pas être bégueule pour ces chiffons que tous aiment.  Personne ne l’a été, et surtout pas le public, venu nombreux, surtout le dimanche.

Un public intéressant, des lecteurs exigeants, curieux, les échanges furent riches entre eux et les auteurs et éditeurs. Parce que finalement, c’est fait pour ça un salon du livre,  non pour vendre à tout prix nos livres, mais pour rencontrer ceux qui les lisent -ou pas- .

Voyez  ici le reportage du JT de  FRANCE 3  région Alpes, 

La Musardine dégainait en  force ses éditeur et attaché de presse (Anne
Hautecoeur , Stephane Rose
) et ses auteurs pour leur collection Osez..,  pour les récits Sm de Gala Fur ou  les livres iconoclastes d’Etienne Liebig.


Franck Spengler
des éditions Blanche  est venu pour son Anthologie de la fellation,  il était accompagné  de ses auteures Emma Cavalier et  Andréa Luccella.

J’étais présente pour représenter  à la fois ma maison d’édition actuelle, Hors Collection pour mon livre Perle, et  les éditions Blanche pour  mon recueil L’eau à la bouche.  

A mes côtés, une auteure Suisse, June Summer signait  son roman , « Claire , contes érotiques » publié chez Publibook.

Ovidie,  écrivaine, réalisatrice de films et ex actrice de films X , parrainait le salon avec extrêmement d’élégance et d’intelligence .

Des entretiens ont été menés sur l’art érotique au Japon par la pétillante  journaliste écrivaine Agnès Giard, puits d’érudition nippone .

Ecoutez ici un extrait de son intervention  

Gala Fur, délicieusement douce, subtile et amusante,  nous a éduqués sur sa spécialité, les pratiques SM :  l’auditoire, dompté, a écouté bien docilement…   Servane Vergy a  conté les joies des femmes couguar….Enfin, des effeuillages
burlesques et des lectures  ont ponctué le salon..

Il y en eut  donc pour tous les goûts et toutes  les
sensibilités.

Les photographes et les peintres ont assuré aussi : l’expo de CLS  m’a beaucoup plu, le regard  fragmenté que Clément  et Clotilde portent sur l’érotisme m’a emballée.    Chaque détail capturé , de l’ombre portée à la marque creusée dans la peau ,évoque toute l’histoire du jeu amoureux. Installé à côté de lui, Jacques Bonnot, photographe lyonnais, déclinait la captivité de la femme par des clichés de bondages  intéressants , mais la maigreur du modèle m’a attristée. Par contre , il m’a montré ses travaux et ses projets en cours, des clichés de collages et de déchirures très inspirés ainsi que des clichés duos disposés face à face, qui là encore racontent des histoires, par exemple  une  main  aux doigts coupés répond à une autre, perdue dans l’entrecuisse qu’elle caresse…

Pour en revenir à la littérature,  le prix du Premier roman érotique a été remis à Emma Cavalier pour son émouvant texte, Le Manoirpublié chez Blanche. Il s’agit d’une histoire d’amour tramée sur une relation SM.  J’ attends avec impatience et curiosité son deuxième opus…

et  puis, durant ces deux jours, le salon off était aussi très très bien…

NB  – Si vous apercevez des fraises Tagada sur ma table , c’est LE truc infaillible pour faire succomber le lecteur.

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