correspondance extime – Entre-vous, les belles lettres

Je souhaite créer sur ce blog une rubrique  Entre-vous,  espace ouvert à tous, dédié à la correspondance manuscrite.  Pour le plaisir de l’écriture manuelle. Parce que votre écriture  ne ressemble à aucune autre, elle est une de vos empreintes et révèle votre personnalité.  Parce que prendre la peine d’écrire une lettre témoigne autrement de vous, qu’un simple mail tapé sur un clavier en police uniformisée.

Cette rubrique sera une véritable boîte aux lettres, une poste restante consultable à tout moment.  Je me ferai factrice pour vous qui souhaitez écrire une lettre de votre main au destinataire de votre choix, amical, amoureux ou pourquoi pas, ennemi….Tous les destinataires sont acceptés, même anonymes…  (une bouteille à la mer ?), une rencontre au détour d’un voyage ou d’une timidité…une audace, une envie de donner de soi. Tous les styles sont acceptés pourvu qu’ils respectent une langue correctement écrite. Il est évident qu’aucune injure à caractère racial, homophobe ou  sexiste ne sera publiée.

Manuscrite :  il vous faudra  donc écrire votre lettre à la main  mais  aussi la scanner ou la photographier, et  me l’envoyer à cette adresse  : anne.bert(arobase)voila.fr

Veillez à l’enregistrer sous un format exploitable.

Je la publierai  telle quelle, dès sa réception ( après correction orthographique si c’est vraiment nécessaire   ( eh ! non, comme me le fait judicieusement remarquer une lectrice, vu que c’est une image scannée ou photographiée manuscrite ! )   Il vous appartient donc d’y faire figurer ce que vous souhaitez voir publier de votre identité.

J’ouvrirai les commentaires sur les publications de ces lettres,  uniquement si le signataire le demande, sinon elles seront publiées en lecture seule, comme les autres posts de ce blog.

Tu me donnes l’adresse de ta BAL ?   Cette question au demeurant fort sympathique mainte fois entendue est finalement assez  sinistre et  illustre bien le destin funeste de la lettre manuscrite,  amicale ou amoureuse, écrite, ou attendue avec plaisir, fébrilité , espoir ou même crainte…

Nos BAL débordent de mails qu’on ne lit plus avec plaisir… et nos boîtes aux lettres bien réelles ne sont plus remplies que de publicités  criardes et vulgaires , ou de factures que nous  n’ouvrons que le plus tard possible. Qu’en est-il de ces attentes impatientes du passage du facteur, d’enveloppe longuement considérée, effleurée,  respirée, ouverte avec précaution, du dépliage du papier à lettre, de la découverte de l’écriture aimée, de l’amant(e) ou de l’ami(e),  de la calligraphie de certains mots qui trahissait la nature de l’émotion… des petits gribouillages, des drôles de dessins ajoutés, des confessions intimes, des récits de voyage, ou des pensées amicales que l’on avait pris soin de vouloir exprimer à l’autre, en se donnant la peine du temps de l’écriture et de l’envoi. Bien loin du mail instantané , de la police  impersonnelle  et du  smiley.  D’ailleurs, ces mails  qui se veulent amicaux finissent parfois  noyés  dans  le foutoir  des indésirables ou autres spams, l’ouverture de notre BAL relève alors de la corvée, il va falloir trier… Ah ! cet insupportable smiley que nous nous sentons obligés d’ajouter pour certifier au destinataire du message que nous sommes joyeux ou coléreux, puisque nous avons été incapables avec le mot ou la tournure de phrase idoine de lui témoigner de notre état d’esprit. La langue est pourtant là,  avec la richesse de son vocabulaire, de sa grammaire, de sa syntaxe,  pour dire très précisément ce qui  nous anime.  Et au-delà du plaisir de la belle phrase écrite à l’ami ou …à l’ennemi juré, on oublie aussi  d’ailleurs que la précision du dire, que le juste mot dit de la juste façon sont essentiels à notre liberté.

J’ai la vive nostalgie de ces correspondances, des mots griffonnés, des écritures de pattes de mouches, de celles penchées par un souffle invisible, à droite, à gauche, des ratures, des taches d’encre qui coule,  des débuts appliqués, et puis… le geste s’accorde à l’élan du propos et du coeur,  la main se précipite, les lettres valsent, jerkent, s’émancipent, les accents se font la malle, la ponctuation , elle,  s’excite. L’écriture fatigue le poignet, la lecture parfois se transforme en décryptage, mais le plaisir d’écrire est intense comme celui de la lecture.

C’est à vous,  à vos plumes donc ! J’offre un exemplaire de mes livres aux premières lettres reçues…

NB  du 7  aôut à 23.27 :   je reçois ce soir deux remarques de lecteurs : 

–  le premier  me demande s’il sera possible que les lettres se répondent, s’il existera une   « réponse à …. »   Et bien oui, pourquoi pas, bonne idée !

– le second s’inquiète du fait que l’on puisse reconnaître l’écriture du signataire…. heu….oui, évidemment, mais enfin la fréquentation de mon blog reste modeste, vous ne serez pas lu du monde entier !! et si vous ne voulez pas assumer, vous n’êtes pas obligé  non plus d’écrire à un amour clandestin si  celui qui partage votre vie me lit….choisissez  le destinataire de votre lettre ou  encore inventez-le…ou modifiez votre écriture…