l’érotisme chez Pocket, pour l’été


« Une folie lucide qui prétend à la liberté d’être fantasque, bizarre, hors norme… »


Le thème  érotique Folies de femme m’évoque une atmosphère proche du surréalisme,  un espace de liberté débridée qui s’apparente à « l’écriture automatique » que rien ne vient maîtriser ou corriger par convenance ou souci esthétique. On peut explorer tous les champs des possibles, jusqu’aux contrées les plus inconnues. Comme une montée d’adrénaline baroque, avec tous ses excès et ses tensions, les sens gouvernent de façon primitive, et ça fait du bien de faire exploser ce carcan de fais pas ci  fais pas ça.

C’est le trouble infini de l’esprit tout autant que celui des corps, cet esprit qui soudain se contrefiche des codes sociaux et moraux ou mieux qui les transgresse avec jubilation et fureur. Le corps exprime ses exigences et réclame son dû. La raison bascule certes, mais sans toutefois être perdue à jamais, bien au contraire. C’est une folie lucide, si j’ose cet oxymore, créatrice,  qui prétend à la liberté d’être fantasque, bizarre, hors normes, où l’on se révèle finalement  nos penchants secrets sans crainte de jugement,  nos fascinations et nos psychoses aussi. La succulence de l’instant de fureur érotique est en elle-même une jouissance de l’esprit, bien avant celle du corps. Ce n’est pas l’esprit qui est vaincu, c’est la raison. On assiste à sa mise au tapis avec effroi puis joie. L’audace  est toujours un peu cruelle.

C’est d’ailleurs tout le paradoxe : les sens et le sexe  mènent le jeu, mais en contemplant ce malstrom, l’esprit  libéré exulte finalement, il ne déconnecte pas. C’est uniquement sans doute dans ces instants là que l’on peut avoir une idée de ce qui se passe dans notre subconscient  trop bien planqué à l’abri  des censeurs de tout poil, nous compris. Il ne s’agit pas d’hystérie, de dérèglement psychique profond et invalidant bien sûr, comme voudraient nous le faire croire les obscurs bien-pensants qui se sont appliqués depuis la nuit des temps à nous persuader que la femme encline plus que de raison aux  choses du sexe n’est qu’un sujet hystérique.
Et c’est dans ces instants débridés de folies érotiques que les femmes se permettent d’exister au-delà de toutes les injonctions des uns et des autres, qu’elles soient personnelles, culturelles ou sociales. Parfois de façon inconséquente, forcément,  puisque la pulsion génératrice peut, lorsque l’on navigue dans  les extrêmes, être tout autant destructrice :  mais c’est le propre de l’enjeu érotique…il n’y a pas d’assurance tout risque et c’est ce qui est excitant

texte paru sur le site des Editions Blanche , dans la rubrique « Rencontre avec les auteures » :