droits d’auteur Delerm/Gallimard : parfois de l’abus !

Franchement , ça décourage  parfois de respecter les droits d’auteur ! Et pourtant je sais de quoi je parle, vu qu’ils sont parfois si souvent méprisés…

Lors d’une précédente lecture publique en février,  je lis en préambule de la soirée une seule page du dernier livre de Philippe Delerm, Le trottoir au soleil . Très exactement la page 30, intitulée « Cette mouillure là »   pour illustrer le thème érotique de ma lecture, quelques lignes donc lues en guise de clin d’oeil,  Delerm ayant joliment parlé du sexe de la femme dans cette page.

J’en profite pour faire de la pub à Delerm et à Gallimard , je présente à l’auditoire leur livre. Alors  que pour cette soirée de lecture  je lis mes propres textes et quelques classiques qui relèvent du domaine public.

Je demande bien docilement l’autorisation aux Editions Gallimard qui transmettent ma requête à Philippe Delerm, qui accepte. J’interroge Gallimard sur la possibilité que je puisse lire gracieusement ces lignes en raison de l’emprunt minimaliste , qui représente  juste 3 minutes de lecture . Gallimard refuse mais me dit que la somme réclamée sera symbolique de l’ordre environ de 3 ou 4 euros. Ils transmettent mon dossier à la SACD, petite soeur de la SACEM.

Je reçois, après maints courriels échangés, une facture de 25 euros 52. J’ai eu beau contester,  protester, expliquer, rien à faire, l’huissier rôde à ce jour…après quatre relances.

25 euros pour une vingtaine de lignes lues, c’est abusif ! Avec 10 % de droits d’auteur, on doit vendre une vingtaine de livres pour percevoir cette somme…

La lecture publique  de courts extraits de livres   (médias, biblio, soirées littéraires)  est faite sans que personne ne paie rien, j’ai voulu respecter le principe du droit d’auteur,  demander l’autorisation etc…autant dire que maintenant  je le regrette vivement.

Les maisons d’Edition devraient savoir faire la différence entre les démarches littéraires  individuelles qui encouragent la lecture et donnent une visibilité à leurs ouvrages et les activités lucratives à gros budget…Sur Internet de larges extraits littéraires  sont publiés partout, je doute que l’on demande quoi que ce soit aux blogueurs qui parfois affichent  pourtant de la publicité sur leurs sites.

Autant dire que « cette mouillure là »  me reste en travers du gosier….