la patiente

La Reine Rouge,  le docteur Farfadet, le grand chimiste, tous leurs acolytes, ne voulaient savoir d’elle que ce qu’ils pouvaient mesurer, jauger, calibrer, quantifier.

La souveraine n’en avait pas fait mystère : les malades n’existaient pas, il n’y avait que des maladies. D’un bout à l’autre du Pays du Miroir, il fallait supporter cette évidence, se résigner : être une bonne patiente impliquait de souffrir, strictement dans les normes, ni plus ni moins, sans jamais s’écarter des chiffres et des courbes prévus par la noble Science ou le bel Art de guérir. Il fallait accepter les traitements sans broncher et surtout, quoi qu’il arrive, patienter.

La Reine Alice – Lydia Flem,  aux   Editions du Seuil.

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