in cauda venenum

Voilà ! c’était cela …
Elle allait faire ça…aller voir ce curieux Marabout .
Après tout elle n’y perdrait que ses illusions .
Marion avait toujours été séduite par des mots mystérieux , des trucs bizarres, des situations étranges qui la déstabilisent.
Cette annonce la fascinait .
Elle respira un grand coup et  prit rendez-vous  72 rue de la Chapelle Ardente pour se faire ‘ renforcer les muscles de son talon d’Achille avec talent ‘  comme promis dans cette annonce ( sans doute regonfler son pouvoir de séduction) , sans toutefois envisager cette ‘ infection cutanée ‘  assez  sibylline et inquiétante  également mentionnée.

Elle se retrouva en face d’un immense  africain en boubou qui la fixait d’un regard perçant .
Elle se sentit  aussitôt vaciller, presque envoûtée, ce qui la rassura sur la compétence du grand Marabout, elle eut été déçue de ne rien ressentir .

Elle lui exposa son courroux, son mari vautré devant les matches du Mondial avec ses copains, ses sorties entre mecs et ses justifications douteuses pour expliquer ses baisses de performances entre ses bras.
Elle lui tut ses désirs de fantaisie, son ras le bol d’être sollicitée en troisième partie de soirée après les films, son envie d’être prise par son mari au retour d’un dîner sauvagement sur le capot de la voiture, ou assise sur la table de la cuisine, la jupe retroussée entre la poire et le fromage, offerte comme dans un tableau de Gustave Courbet .
Le marabout la fixait sans bouger comme un félin surveille sa proie.

Elle dévoila son diabolique projet en baissant la voix : elle voulait mettre son mari en pilotage assisté, assisté par elle, se rendre maîtresse de…de.. son appendice caudal .
le Marabout ne comprit pas l’expression.

Marion eut conscience du ridicule de ces mots en une telle situation mais hésitait à employer les mots , les vrais mots, la présence charnelle du grand sorcier était trop tangible, ça la troublait.
Elle du  pourtant s’y résoudre : elle voulait faire bander son homme à volonté. Voilà !

A sa volonté à elle.  Diriger son sexe vers elle à tout moment .
Grand Marabout Bolo Bolog  lui demanda si elle voulait exercer ce pouvoir sur son mari seulement ou sur tous les hommes .
Marion eut la vision  d’une horde d’hommes en rut , d’une escouade de membres arrogants l’assaillir et préféra temporiser en testant ses charmes sur son mari d’abord .
Elle était amoureuse et possédait une petite santé .
Mr Bolo demanda donc une photo du sujet à envoûter; il se concentra sur le cliché.
Le marabout déclara qu’il avait ce qu’il fallait entre les mains, une ‘arme fatale’ pour désagréger tous ces obstacles et qu’il faudrait certainement envisager une’ infection cutanée.
Cet étrange et flippant langage interloqua Marion .
‘Infection cutanée’…répéta-t-elle l’air idiot, se demandant si ce vocabulaire tant redouté appartenait à un dialecte inconnu, parce qu’il lui semblait bien qu’elle avait négligé ses rappels de vaccination en tout genre .
Elle paniqua .
– Oui, s’il vous plait Madame, vous devez comprendre que c’est très spécial ce que vous me demandez,  pour vous rendre maîtresse de la virilité de votre mari, il va falloir travailler sur ‘ le membre, la semence et la peau. ‘
Marabout martela ces dernières paroles d’une voix sourde.
Marion se tassa sur sa chaise sous le poids de ces mots.
Puis s’invectiva. Que diable du ressort, du courage ! la fin  justifie les moyens. Les adages c’était pas fait pour les chiens.

Le Marabout  déplia son grand corps, s’approcha d’une table remplie de fioles et de poudres colorées .
Il prit un flacon  de verre oblong, y pila des poudres multicolores, en chantonnant des paroles inaudibles, écrasa de la menthe poivrée séchée mélangée à une huile dorée .
Puis il alla s’asseoir dans un  fauteuil en relevant son boubou jusqu’à la ceinture et écarta largement les cuisses .
Il était nu sous son boubou .
Marion resta pétrifiée, oppressée, les yeux fixés sur ses longues jambes sombres .
Elle n’osait plus bouger, ,  ni  explorer plus en haut la géographie du grand Marabout .
– Vous devez pour détenir ce pouvoir de maîtrise du sexe de votre mari,  extraire de mon membre la semence puissante de virilité, et la recevoir dans votre bouche .
Celle-ci sera ensuite, mélangée à votre salive et aux poudres et huiles magiques. Conservée dans ce flacon à parfum, quelques gouttes sous vos aisselles et au creux de votre nuque suffiront ensuite pour exercer votre pouvoir
il n’y a rien de sexuel dans cet acte, c’est un rite .
Mrs  Bolo Bolog tout en parlant présentait à Marion l’arme fatale entre ses mains .
Elle fut ébranlée par la noirceur et la densité de l’argument rituel .
La vue de l’engin du Marabout la rendit tout chose, l’hypnotisa comme le serpent sa proie, elle eut l’impression de se liquéfier, quelque chose de brûlant partout en elle s’immisça, lui incendiait le ventre et les reins. Elle pensa innocemment que le Marabout devait l’avoir ensorcelée , totalement magnétisée .
Marion réfléchissait à tout berzingue tant qu’il lui restait quelques bribes de raison.
Soit  ! Elle paierait de sa personne pour mener à bien son projet .
Il fallait se donner les moyens de réussir, sa mère le lui avait toujours  répété.
Elle pensa tout de même que c’était un comble de payer pour  faire une fellation, c’était le monde à l’envers  …mais peut-être pourrait-elle tenter de négocier pour la déduire du montant de la consultation .
Le Marabout avait allumé de l’encens et préparé un coussin moelleux pour les genoux de Marion .
Elle y vit une confirmation de l’acte  rituel et sacrificiel qu’elle allait commettre ce qui l’exonéra  sur le champs de tout scrupule .
Marion prit en main le sexe de Mrs Bolo, il n’était pas très long , mais très  large, épais, il ne bandait pas .
Elle le caressa avec crainte, son pouce lentement découvrait la peau  noire et brillante plissée autour du gland très épaté ; sa langue humecta cette chair sombre qui s’épanouit et durcit sous la caresse .
Marion fut parcourue  d’étranges frissons, un vertige lui tordit le ventre, elle  léchait le membre devenu raide en mouvements circulaires  puis téta le gland sa bouche comme une  petite ventouse .
Le marabout  se cala dans son fauteuil en grognant

Elle engloutit sa  large queue dans sa  bouche en frôlant ses seins sur ses cuisses .
La frénésie gagna Marion , elle avait toujours pris du plaisir à sucer, et cet épais membre qui occupait et déformait sa bouche la mettait au supplice .
Elle était folle de désir, roulait des hanches,  ondulait du bassin,

elle suçait avec ardeur Mrs Bolo Bolog et trempait sa petite culotte avec une affreuse sensation de vacuité entre ses cuisses .
Le Marabout, outre sa formidable érection ne semblait pas préoccupée de l’agitation de sa cliente .
Celle-ci finit par lui demander d’une voix mourante si donner à ce membre exigeant un fourreau soyeux et dégoulinant de désir ne servirait pas mieux le pouvoir recherché, n’améliorerait pas son efficacité .
Elle retroussait déjà sa jupe pour s’empaler sur ce dard  turgescent qui la bouleversait et la frustrait quand le Marabout lui rappela très froidement que son cabinet n’était pas un lupanar et qu’il n’abusait jamais des faiblesses de ses clientes .
Elle le détesta violemment , rabattit sa jupe et s’activa sauvagement sur  sa tâche en frottant sa chatte douloureuse sur le coussin .
Le marabout se redressa les yeux renversés en psalmodiant et un geyser inonda la bouche de Marion dont les reins hurlaient leur frustration .

– n’avalez pas .
Le marabout lui présenta une élégante coupe en cristal, elle y fit couler entre ses jolies lèvres pulpeuses le foutre précieux, toujours plus excitée, ces rituels érotisaient tous ses sens et plaisaient à son goût de la fantaisie .
Elle se désaltéra d’eau fraîche tout à fait furieuse d’avoir été privée de plaisir .
Il avait intérêt à réussir sa mixture à 100% ainsi qu’il le promettait dans sa pub et ceci dès son retour à la maison vu l’état  marécageux dans lequel cet exercice l’avait plongée,  marécage qu’elle comptait bien faire drainer et assécher par son mari sur le champs.
Il ajouta sa semence et une dose de menthe  poivrée séchée dans le flacon, sans doute pour l’arôme. Marion préférait autant ne pas se parfumer à l’odeur de fornication.
Le marabout lui réclama 120 euros, Marion n’osa pas marchander sa fellation .

De retour chez elle, elle se mit immédiatement quelques gouttes de cet élixir sous les aisselles et sur la nuque avant de rentrer dans le salon où son mari et ses amis gisaient devant un match .
Elle lui présenta à Pierre, son mari, sa nuque pour un  baiser léger et vaqua à ses occupations en le surveillant du coin de l’œil .
Il se redressa sur son fauteuil sans quitter la télé des yeux,  tournait nerveusement la tête vers elle en souriant d’une façon curieuse .

Ses copains l’invectivaient sur le jeu du ballon, mais il semblait se désintéresser un peu de l’écran, il cherchait sans cesse une meilleure position assise.
Marion s’approcha de lui en fixant son bas ventre, son jean semblait se déformer entre ses cuisses.
Son mari jura en riant mi-figue mi-raisin, il sentait son sexe se redresser, s’éveiller, il commençait à bander alors que rien ne le justifiait, là devant ce match de foot .Un truc de fou.
Ses copains le regardaient inquiets sans rien savoir de son trouble et de sa gêne.
Il regardait maintenant Marion fixement, un désir fou le submergeait, il bandait comme un cerf en rut alors que la France égalisait difficilement.
Ses amis, furieux,  le virent se lever en pleine action décisive, prendre Marion par la main, la tirer dans la cuisine, refermer la porte.
Ils l’appelèrent en vain.
Pierre lutina sa femme contre l’évier en retroussant sa jupe, fourra ses doigts dans son sexe encore trempé

–        ma salope adorée tu mouilles
Le Grand Marabout n’avais apparemment aucun pouvoir sur la médiocrité de vocabulaire de son mari.
Marion était encore sous l’empire de l’embrasement de ses sens par le membre de Mrs Bono Bonog, elle fit glisser sa petite culotte et dégagea juste  une jambe, son mari la hissa sur l’évier et la pénétra  sans façons son jean à peine baissé.
Il baisa Marion lentement, les jambes sur ses épaules, remonta son tee -short, broya ses seins généreux et tendus.
La France encaissa un but, ses copains hurlaient , Pierre insulta sa femme la tenant responsable de son égarement  et du but encaissé

– salope

Il  accéléra le tempo, la baisait avec conviction en écartant sa croupe de ses deux mains, comme s’il marquait contre le camps adverse.
Marion jouit  avec lui en gémissant, ne laissant à ses amis aucun doute sur la nature de leur activité.
Marion , ravie et très fière entendit les commentaires :

– ça fait 5  ans que lui fais l’amour tu pouvais pas attendre ce soir ? qu’est ce qui t’as pris, elle était même pas habillée sexy, putain tu fais chier Pierre,on s’est pris un but ! tu sais bien qu’on est superstitieux, c’est ensemble qu’on regarde les matches, dans le recueillement

Ce petit manège se reproduit  chaque jour, à volonté de Marion .

Plus elle faisait l’amour, plus elle en avait envie, la faim vient en mangeant, décidément Marion comprit l’intérêt des proverbes.

Pierre inquiéta ses amis qui lui proposèrent de consulter un psy.
Il bandait n’importe où quand Marion le décidait ; elle prenait un malin plaisir à le mettre au supplice dans des situations impossibles, surtout quand il ne pouvait calmer son sexe raide et douloureux .
Ses amies lui en voulaient beaucoup, elles avaient appris son curieux pouvoir et se sentaient du coup complètement incapables, elles, de séduire.
Marion avait surtout pris du plaisir à l’exciter en visitant un musée, elle avait abusé de l’élixir sous ses aisselles, il faisait très chaud.
Pierre contemplait le   Christ aux limbes  de Cézanne  lorsqu’il fut pris d’une violente érection , ce qui le laissa perplexe et inquiet, le pouvoir érotique de cette oeuvre  étant à ses yeux très improbable.

Du coup il paniquait  carrément à l’idée de regarder  L’origine du monde ,  bramerait-il alors comme un cerf en rut devant la noire touffe ?
Que lui arrivait-il bon sang ?
Il bandait de façon obscène devant le Christ aux Limbes,  scène qui incitait plutôt à la compassion.
Et Marion jubilait en silence…elle le lui fit remarquer innocemment en se frottant à lui .
Ca rendait Pierre dingue, il fallait qu’il la prenne là, il voulait son odeur, la douceur de sa peau, le moelleux de ses chairs, de son ventre ou de sa bouche, là, maintenant.
Peut être était-ce le pourpre de la robe du Christ qui l’excitait comme un taureau dans l’arène ?
Pierre eut honte de n’être qu’un bête en rut, mais cette honte ne le calma pas, bien au contraire.
Il repéra une porte de réserve, s’y engouffra avec Marion, défit sa braguette et sortit son sexe  tendu au milieu des seaux de peinture et des balais.
Pour Marion, c’était le summum de l’obscénité pour un homme, ainsi tout habillé,  juste la queue raide exhibée .
Il  s’accroupit, les mains sous sa robe,  trouva sa fente nue, sans culotte,  la branla ; elle fit mine de s’asseoir sur ses épaules, sa chatte ouverte sur sa bouche, il lécha les plis dodus et trempés de ses lèvres, happait à pleine bouche sa motte toute chaude et lisse, enfonçait sa langue dans son con ; elle jouit en miaulant comme une chatte, tout doucement .
Pierre se redressa et s’adossa de tout son poids à la porte afin que personne ne puisse l’ouvrir .
Le coeur battant elle s’appliqua à le lécher, le sucer puis lâcha sa queue, se recula pour mieux le contempler ainsi débraillé, en se branlant sous sa jupe d’un air pervers .
La queue obscène dépassant du jean fermé de Pierre la ravissait .
Ils entendaient les gens passer, parler, Marion suçait religieusement son mari .
Pierre se sentait pris au piège du Malin, condamné à l’Enfer, excommunié.
Il avait la couleur pourpre du tableau du Christ  dans les yeux, il s’exhibait scandaleusement à lui, en giclant dans la bouche de sa femme .

Le soir même il voulut la prendre dans l’ascenseur entre le rez -de -chaussée et le 6ème étage en se rendant chez des amis pour dîner, puis en redescendant, entre le 6ème et le rez-de-chaussée après dîner .
Marion finit par pendre la mesure de l’état de santé de son mari, elle le mit au repos en  rangeant momentanément sa fiole ;
Pierre avait pris goût du reste à ses excentricités, elle pariait qu’il lui en resterait d’intéressantes séquelles .
Elle  cacha soigneusement son flacon  d’élixir de peur que ses amies ne lui empruntent .
Quoique cette éventualité la fit sourire….Marion était une femme généreuse, elle conçut alors le projet d’en déverser quelques gouttes dans la nuque de Lili .
Lili qu’elle aimait tendrement et qui la troublait toujours un peu, qu’elle désirait  vaguement.
Quand Pierre serait frais et dispo.

 

……………………………..

Extrait de L’eau à la bouche  – Editions Blanche .

Tableaux :  L’origine du monde –  Courbet  et Le christ aux limbes – Cezanne