le désir au scalpel (2/5)

 

 

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photos et diaporama : © Jacques Dbc  (8K954A7)

 
 

A coups de milliers d’euros  des femmes implorent  les dieux Bottox et  scalpel d’ inciser ,  de ciseler et modeler leurs seins, leur ventre et leurs fesses comme on quémande en vain un regard , un baiser, une caresse, un amour, une assurance, une certitude d’être désirée.

Et puis il y a la grâce et la beauté du désir  asymétrique malgré la violence du scalpel que l’on a pas choisie et que l’on rejette définitivement. Le refus des normes a un prix :  la lente reconstruction des regards sinon des corps. Du regard de l’amant, du mari , du photographe, bien sûr de son propre regard.S’affranchir de toute une vie d’images préfabriquées ce n’est pas pour autant renoncer à plaire ou à séduire, bien au contraire. Le photographe Jacques Debeusscher a su capter la joie de son modèle et son envie de jouer -sans surjouer-  si perceptible. L’art  pictural et  photographique est très certainement la voie royale pour s’évader du carcan normatif du corps de la femme.

Le désir des corps parfaits ou surfaits, affadi par la convention des canons de la beauté est sage, convenu  et  bien facile.   Il émane des corps blessés ou cabossés, désirés et désirants,  un magnétisme troublant non pas dans le voyeurisme ou la monstration de la singularité, mais dans une fantastique liberté d’être et d’explorer d’autres possibles .

Par respect pour le modèle, la reproduction ou l’emprunt de ces images ne sont pas permis, vous pouvez prendre contact avec le photographe  par mon intermédiaire, en m’envoyant un mail.

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11 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. rechab dit :

    et d’ailleurs pour compléter ce qui est dit sur « la femme d’octets »…. chacun a sa vision de l’esthétique… on ne peut donc pas en imposer une commune comme la norme…(obligatoire)
    d’autant plus que ça change avec les époques dans les années 70, par exemple, avec une pilosité triomphante, maintenant le tout épilé…

    perso je préfère la première option…

    Et puis aussi sur « l’épaisseur »… la femme abondante (telle qu’elle nous est donnée à voir dans les Vénus préhistoriques), symbole de fertilité, est bien loin des modèles anorexiques d’aujourd’hui.

    ReC

  2. FP dit :

    Voilà un discours sur le corps que je « comprends » contrairement à cette bouillie qu’on nous sert d’habitude… ça m’ fait toujours marrer quand on dit que notre société voue un culte au corps, alors que c’est juste l’inverse qui se passe en permanence.

  3. Chr. Borhen dit :

    Bonjour Anne.

    Il y a un mot que j’aime entre tous dans votre texte : c’est le substantif « joie ».

    Bien à vous.

  4. quelqu'une passante dit :

    Je dois me faire enlever un sein, j’ai 41 ans et je suis terrifiée. Tomber sur cet article me redonne un peu de vie, qui s’était retirée de mes veines bien avant que le cancer n’essaie de le faire. Je veux rester une femme, à mes yeux et aux yeux des hommes. Bien sûr tous me disent que rien ne changera. Mais ce sont des beaux mots et de belles intentions. Le regard des autres sera différent, je le sais, et ceux qui me disent que j’aurais toujours autant de charme banderont pour d’autres, avec deux seins. Je ne veux pas de reconstruction et de ses complications. Merci pour cet article, je vois là une femme superbe, et mes penchants bi témoignent de ma sincérité…Ca me donne une pèche comme jamais.

  5. marcos dit :

    Ce qui me glace moi, c’est la perfection des corps et des lignes, ces femmes là ne m’attirent pas, telles celles affichées sur des blogs ou sites érotiques, lisses, sans aspérités ni odeurs.
    Les chirurgiens n’ont qu’à fignoler les cicatrices, un sein unique à câliner ça me va très bien.
    Haut les coeurs et les têtes femmes amazones, piquez du talon, je vous aime !

  6. Valmont dit :

    Les canons de la beauté sont faussés depuis toujours par l’oeil médiatique au détriment du regard du commun des mortels, il en résulte une course effrénée à la « copie conforme » qui non seulement est loin de la réalité, mais complexe la majorité des femmes dont chaque potentiel de charme est unique et même souvent inégalable. On commence à voir plus de mannequins rondes, et autres beautés naturelles, et tant mieux, la vraie beauté à tant de facettes qui ne sont pas montrées, car la douceur d’une peau nue reste soyeuse dans tous les cas, et la même pour toutes, son odeur aussi, les gestes communs ne font pas de différence entre les corps, comme une fleur reste une fleur et le plaisir aussi. Bien à vous.

  7. Sylvaine dit :

    On dit que les amazones se coupaient le sein à côté du bras qui tirait ! Ici elle en tire une fierté bien surmontée et y ajoute même une nubilité a son pubis. Et n’est-ce pas Verlaine qui a dit « les fesses sont les sœurs jumelles des seins » ?

  8. Arthémisia dit :

    Femme sublime dans sa grandeur d’être.
    « Est sublime ce en comparaison de quoi tout est petit »(E.KANT)

  9. lili dit :

    Infiniment touchée par ce billet. Et pour cause. Il y a une évidence très troublante dans les postures du modèle . Désiré et désirant oui, les mots semblent très justes et la femme est belle.(et courageuse). Je réfléchis à cette soi-disante nécessité de symétrie : 2 seins, 2 jambes, 2 bras..Est-ce la géométrie qui déciderait de la beauté ?

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