du premier cri au dernier souffle, ta bouche

Je regarde la bouche de métro avaler et dégueuler sa cohorte de femmes et d’hommes les yeux sur leurs chaussures, béance nauséeuse aux relents de bouche d’égouts. Cette bouche monstrueuse,   je ne vois plus que cela, et le mot bouche martèle mon esprit,  le son « ou » avale, le son » che » régurgite, ça me fait tanguer l’estomac.  Alors je regarde les bouches  qui montent et descendent l’escalier. Closes. Peintes. Gercées. Pincées. Lasses. Minces. Pulpeuses. Et je pense à la tienne. Chaude et glaciale. Qui me donna ce baiser d’adieu ce matin. Ta bouche entrouverte sur ton sanglot et sur mes lèvres sidérées n’abritera désormais plus que ta langue agile et musculeuse, tes dents, tes muqueuses, tes ongles rongés et ton pouce solitaire . Plus jamais mon sexe,  ni mon sperme, ni mes larmes, ni nos souffles ni notre salive mêlés, ni même mes doigts qui l’écartaient au plus fort de ta jouissance. Plus jamais non plus mes lèvres ne viendront  y cueillir la saveur  parfois lourde et doucereuse de mon foutre , de tes baisers dans mon sillon et de ta langue dans mon cul qui te faisaient la bouche chienne.  Ta bouche est vide. Vide de mot, de bruits juteux, de cri, de désir, de faim de nous. Vide de l’éclat de ton rire. Orifice muet. Qui me hante.

Sculpture de Iglix Rugutto – les Lapidiales-  Port d’Envaux  (17)

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  1. Arthémisia dit :

    Magnifique hommage en forme de regret à un orifice inut-IL!

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