l’école de la vie pourrie- le coût du plaisir d’apprendre.

ça fait couler beaucoup d’encre cette navrante initiative de l’académie de Créteil.  Et beaucoup rager .

Faire miroiter  un pactole aux élèves pour les convaincre d’aller à l’école est totalement abject.  Jamais plus ces collégiens ou lycéens là ne croiront en la gratuité des valeurs, au désir d’apprendre pour le plaisir et  pour un ‘enrichissement non monétaire. Les initiateurs du projet se défendent de vouloir rémunérer individuellement les élèves, ils insistent sur le coté collectif de l’investissement et du projet, rétorquent que les bourses du mérite existent déjà, tout comme les voyages de fin d ‘année.

Soit !  mais ces arguments sont malhonnêtes,  la bourse du mérite s’adresse à des jeunes complètement intégrés dans le système éducatif,  qui ont  déjà assimilé la valeur de travail ,  et la notion du collectif ne donne pas à l’argent meilleure odeur puisque les absents  impénitents seront mis au ban du groupe, voire violentés par leur camarades qui leur reprocheront de les priver de la récompense.  Enfin les voyages de fin d’années ne sont pas achetés par la présence des jeunes  ni par leurs résultats, même les mauvais élèves y vont, même les plus pauvre, pris en charge par la caisse sociale des lycées et collèges. Ca s’appelle de l’amalgame.

Il ne s’agit  pas de cela, il s ‘agit du message clair que l’on fait passer à ces adolescents :  l’argent, argument ultime  finit par tout résoudre, dans cette société qu’on leur  propose déjà complètement pervertie par le fric et le gain.

Les adultes  signent là leur incapacité et leur démission. On aurait pu penser à changer le mode d’enseignement. Le fric en dernier recours, ce fric qu’on leur apprend donc à convoiter en échange de leur présence, d’une présence sans doute inhabitée, vidée de leur âme et de leur esprit. Ce fric aliénant qui condamne la liberté  de ces futures adultes, déjà accro à la rentabilité. C’est rentable que je sois là. On achète ma présence. Comme un produit.

Pourvu que jamais les  enfants des zones rurales africaines, asiatiques ou d’Amérique latine  n’aient cette information…ceux-là paient de leur personne pour espérer étudier, pour aller à l’école. Quand toutefois il leur est permis de pouvoir le faire, ils doivent parfois marcher 6km, 10 ou même 20 km, se lever à 4 heures du matin. L’impossible et l’extrême misère dans un lieu qui n’est pas perverti par l’argent donne des ailes.--cole-afrique-enfants

Les filles, elles, doivent se battre pour qu’on leur accorde le droit d’étudier, elles parcourent de longs chemins en Éthiopie, en Zambie ou ailleurs, et doivent parfois  faire face à des mauvaises rencontres sur ces si longs chemins déserts . Mais elles y vont coûte que  coûte.

Il n’y a que la notion du coût qui diffère entre celle de l’enfant occidental et celle de l’enfant des pays miséreux. Du coût et du goût.

Est-ce l’obligation d’aller à l’école qui tue le  désir de nos enfants , le  plaisir et la nécessité d’aller étudier ?

Mais ne jetons pas la pierre à ces enfants. Jetons là aux dealers. Le fric est une drogue.

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. neuwton dit :

    Le plaisir de vous lire atténue ma colère qui monte à chaque fois que je retombe sur ce sujet.
    Pauvre France, pauvre Jules Ferry …

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