bastringue amoureux

 

couple enlacé St Prasetr
couple enlacé St Prasetr

 

Son oeil noir me fixait dans la pénombre de la chambre. Je feignais de dormir encore et guettais sous  la frange de mes cils sa tête d’ange renversée au-dessus de mon flanc. Contempler Louise est la grande affaire de ma vie. Elle m’enjamba souplement et s’accroupit les cuisses très écartées dans le S que formait mon corps en chien de fusil. Son sexe ouvert par le compas exhalait un fumet de chair qui regorge. Je respirai profondément. Je crus apercevoir dans ses oreilles les écouteurs de son baladeur. Un tube souple pendait entre ses seins, elle était aux aguets, les sourcils froncés. Sévère comme une chevêche qui considère sa proie, elle précipita soudain un objet dur et froid  contre ma poitrine, fouilla minutieusement mon coeur, sondait ses battements et ses palpitations,  balayait le capteur sur mon torse quêtant l’arythmie foudroyante, le chuintement de l’aveu de mon bastringue amoureux. J’apercevais sous mes cils son visage concentré et contrarié. Elle était exaspérée, rien, ça battait comme un métronome trop bien réglé, pas la moindre suspicion de vertige, elle ausculta alors mon ventre, filtra le moindre de mes gargouillis intestinaux, confessa mon pubis, mes couilles, mon sexe poisseux recroquevillé sur ma cuisse. Elle violait le moindre chuchotis de mon intimité, s’en gavait les oreilles, les embouts du stéthoscope vissés contre ses tympans, avide de trilles organiques et de  fréquences révélant l’aigu du syndrome. Elle voulait entendre mon sang battre plus sourdement dans mes veines, mon pouls s’emballer sous le métal froid, apprécier les borborygmes de ma passion pour elle, l’ataraxie et le silence de mon corps inerte l’insupportaient, la faisaient douter, une colère intérieure contractait ses mâchoires. Elle avait toujours le stéthoscope en l’air prêt à frapper quand je vis son regard qui voulait en découdre remonter vers ma tête, je fermai alors complètement les yeux pour ne pas le rencontrer. Je craignis soudain  qu’elle ne m’ouvre le crâne pour autopsier mon cerveau afin d’y déceler ce que mon corps apaisé et ma bouche avare taisaient. Elle soumit enfin à la question métallique ma pomme d’Adam, cherchant dans cette postérité la faute originelle du mâle, cette pulsion amoureuse encore indigeste qui lui est toujours restée en travers de la gorge. Je la sentais s’agiter comme une mouche autour de cette pomme de discorde, incapable d’immobilité, tout à son interrogatoire. Ma main s’abattit sur son bras pour lui arracher l’engin inquisiteur, j’ouvris grand les yeux et interceptai deux scuds noirs dirigés vers mes orbites que j’esquivai en lui plaquant le visage sur ma cuisse tout contre mon sexe sérieusement agacé qui profita de la véhémence de la protestation de Louise pour investir sa bouche ouverte. Une main sous sa taille j’exposai son cul à la lanière du stéthoscope que je claquai sur ses fesses bientôt rubescentes de honte, Louise jubilait en gémissant la bouche pleine, le pouls affolé de ma hampe gorgée de sang battait sa langue et son palais inondé de salive visqueuse et de jus séminal20303689_m.  Puisqu’elle voulait des vibratos, de la conviction, qu’elle s’en gargarise ! Sa petite main sous son ventre frottait son sexe puis s’y logea soudain au plus profond jusqu’en haut de la paume. Je me retirai de sa gorge pour me branler longtemps sur son visage, replongeant par instants dans sa bouche souillée de mots d’amour obscènes et juteux, ses joues aspirées par la succion se blottissaient contre ma verge, puis mon gland gonflé au ras de son regard immobile doucha ses yeux noirs d’une myriade de minuscules et fines gouttelettes de rosée qu’elle crut voir au microscope, suivies bientôt d’un jet laiteux qui gicla en saccades sur ses paupières et ses cheveux. Louise ne bougea plus, les yeux clos et lourds de son trophée elle s’assoupit sur mes cuisses, sa main refermée sur mon sexe recroquevillé, un peu de rouge à son cou.  

  extrait   « que sais-je du rouge à son cou ? »    © B74K194

                                                                 

(crédit image :  Sadokan , avec son aimable autorisation )

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