au prétexte de l’amour

 [………..Imagine. Ne plus vouloir enfanter. Plus épouser. Plus construire. Construire quoi ? C’est quoi cette manie de castor depuis la nuit des temps. Ah, l’évolution. Tu parles d’une évolution toi !L’amour est soluble dans le quotidien. Les amoureux sont des kamikazes. Ils se sacrifient au nom du dieu de l’amour. Le fou de Dieu au moins explose dans un feu d’artifice quand tous ces cons d’amoureux se meurent de mèche mouillée. Misère. Voilà pourquoi nous ne vivons pas ensemble. Je ne veux pas plus fonder de famille. Ca grouille sur la planète, dans cinquante ans, elle n’en pourra plus. Je veux inventer autre chose.

 Mais quoi Louise ? Je la scrutai du coin de l’oeil. J’imaginai son ventre déformé par la vie, ses seins gonflés. Ca t’irait bien Louise, de porter un enfant. Elle haussa les épaules.

la louve capitoline
la louve capitoline

J’aimerais le porter en moi, le sentir bouger dans mon ventre, savoir que tu en es le père, le nourrir de mon sang et de ma chair, le voir venir au monde entre mes cuisses, le mettre au sein, sentir sa bouche me dévorer et m’inonder de plaisir. Mais est-ce suffisant pour faire un enfant , le mettre au monde ?  Ce plaisir là, mon plaisir, le nôtre , est-ce suffisant félix ? Je ne saurais pas l’aider à grandir. Je ne suis pas assez forte ou pas assez animale pour accepter de le voir livré à ce monde sans avenir. Je n’ai pas d’espoir dans l’avenir Félix, tout y est effrayant, moche, moribond, à moins d’y survivre en ne regardant que ce qu’il y a de beau, des instants éphémères, se voiler la face. On fait des enfants comme les animaux,  par instinct, sans réfléchir, la fonction reproductive est déconnectée de notre capacité d’analyse et de réflexion. Après la parade amoureuse, c’est la fécondation. Au prétexte de l’amour il faut accoucher de ses petits quand il ne s’agit que de perpétuer le nom et l’espèce dans un élan irréfléchi. Lorsque je rampe vers toi comme une chienne tenue en laisse, je me conduis moins en bête que si tu me couvres pour nous donner une descendance.

 Je regardai au loin. Dans le pré voisin un veau tétait sa mère goulûment. J’aimais Louise  femme, chienne, et animale.  Le chardonnay m’aidait à la croquer à quatre pattes, nue, pleine de chair, elle allaitait notre enfant à son sein pendant, mon sexe dans sa bouche. J’avais pourtant rêver de baiser Louise enceinte, grosse, énorme, sentir le pouls de l’enfant battre contre mon sexe. L’entendre gémir et crier fort pour que l’enfant se souvienne de son plaisir. J’aimais Louise, déroutante. Voulais-je des enfants ?

 …..]

extrait   « que  sais- je du rouge à son cou ? »   © B74K194

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