ta jolie bouche menteuse

 

 Mon angenu-brou

 C’est lorsque tu mens que je veux fouiller ta bouche, de ma langue goûter la saveur de ta trahison, étaler sur tes joues les miasmes de ta duperie.
Je murmure  à ton oreille des mots cruels inutiles . Comme une petite mendigote, tes yeux quémandent mes caresses et implorent ma mansuétude.
Ne te donne pas tant de mal  mon ange, d’autres lèvres peuvent s’abreuver au puits de ta luxure, respirer tes fumets secrets, des queues explorer ton ravin  brûlant et se prosterner devant  tes appâts  excitants.
Tu me reviens toujours après tes escapades le ventre repu de membres raides et la bouche meurtrie d’étreintes viriles.
Je n’aime que la chaleur de tes seins contre les miens, ton ventre qui palpite sous ma main, ta peluche douce sur ma bouche, tes yeux rieurs et graves, la douceur de ta voix, et les livres que tu me lis nos jambes entrelacées et tes doigts dans mon sexe.

Il n’y a jamais autant d’innocence sur ton visage que lorsque tu lis, les mots prennent dans ta bouche la saveur des bonbons acidulés de ton enfance.
Mon index défroisse les plis de tes lèvres, s’enroule dans ton duvet  rêche qui repousse.
Il n’y a que ce sacrilège que je ne te pardonne pas, ton con imberbe, rasé par un crétin.
Tu m’as avoué  qu’il t’avait bandé les yeux et attaché les mains, assise sur un fauteuil, les cuisses écartées. Tu as senti la lame glacée sur ton sexe racler ta fourrure noire si dense puis sa langue humide a pansé la brûlure, ta chatte était comme une amande douce.
Je n’ai consenti à te branler que ta toison repoussée.
Tu  chantonnes et te dandines devant moi en t’effeuillant.
La tête courbée tu m’offres ta nuque pour défaire les boutons de ta robe. Tu dénudes tes seins lourds, ouvres mon corsage et te frottes contres les miens en couinant comme un petit animal.
Tes larges aréoles brunes se contractent contre mes tétons dressés. Tu gigotes pour faire glisser ta petite culotte à fleurs et me fais face, l’air insolent.
Les fossettes de ton cul joufflu se creusent quand tu te cambres.
C’est là, dans tes fossettes adorables que je pose mes pouces lorsque je m’accroupis et que ma langue pénètre dans tes chairs soyeuses.
Ta bouche s’arrondit sur de voluptueuses voyelles étouffées, des ah !  et des oh ! qui s’affolent et dégringolent sur tes seins durs quand mes dents se font cruelles sur ton bouton .
Tes ongles me griffent l’échine. Je  plonge trois doigts dans ton sexe onctueux pour les glisser dans ton sillon fessier que je barbouille. Ton arôme obscène et tes acquiescements sonores m’enivrent, mes doigts gluants fourrent ton cul et le caressent lentement.
Ma langue pourlèche les babines de ton con gonflées et rouges comme si elles étaient fardées.
Sous ma bouche ta fente se contracte en saccades et tes mains dans mes cheveux s’immobilisent.
Tu trembles comme une feuille, je me redresse pour t’enlacer et baiser ta  jolie bouche menteuse qui me sourit, ravie.

 

extrait de L’eau à la bouche- Editions Blanche.

illustration : Jacqmin, avec son  aimable autorisation