la discrétion de la souffrance

entendre ceux qui ne disent rien

Comme le sourire de la vierge Marie qui s’adresse à tous ceux qui souffrent humblement et l’acceptent,  les mesures sociales  que  notre triste sire évoquait dans son discours de St Quentin, s’adressaient    » à ceux qui souffrent le plus ,  qui ne sont pas ceux qui protestent le plus « .

 » c’est mon devoir de chef d’état d’entendre la souffrance discrète, humble, modeste de ceux qui n’ont pas les moyens de se faire entendre »

Ces propos répondaient aux millions de manifestants descendus dans la rue le 19 mars,  ces nantis belliqueux qui déambulent dans la rue en hurlant. Sarkozy ne les a pas entendus , les a ignorés, le président ne s’adresse qu’à un peuple en souffrance, invisible et silencieux , le seul digne de respect , que lui seul identifie.

le vrai luxe c’est la discrétion

parce qu’il s’agit d’avoir le bon gôut de cacher sa misère, de ployer l’échine dans le travail bradé , dans le chômage ,  dans la jeunesse ou la vieillesse précaires, de fermer sa gueule, de  ne pas être solidaire, de rester à sa place, et si cette place est dans la rue que ce soit  à la rigueur pour y dormir la nuit loin des yeux du président et non pour y étaler indignement ses petits soucis en aboyant.

le mépris affiché  par Sarkozy pour les grévistes qui sacrifient une journée de leur maigre salaire pour se faire entendre, pour les retraités, les jeunes et les chômeurs qui peinent à survivre  est total. Tous ces gens dans la rue sont justement là parce qu’ils ne peuvent pas se faire entendre ailleurs.

 

le silence qui grondefoule-2

Sarkozy entend donc le silence mais pas le bruit. 

C’est une pathologie. Mais il est des silences qui peuvent gronder, assourdissants.  Le tout est de s’adapter aux handicaps du président. Ainsi, si Sarkozy n’entend que le silence modeste et humble, ses sujets peuvent pour lui complaire envahir en masse les cités, organiser de gigantesques marches silencieuses et pacifiques , chaque samedi par exemple,  toujours plus compactes, jusqu’à ce que ce silence  oppressant lui éclate les tympans. Qu’il en fasse des cauchemars, que cette pieuvre géante  muette qui se meut chaque fin de semaine peuple ses nuits de ses bras tentaculaires.