la pornographie sur le chemin de Compostelle.

crédit Claudio Lange

Les sculptures pornographiques  des tympans et chapiteaux des églises romanes qui jalonnent le chemin de St Jacques de Compostelle n’ont jamais été interprétées  de façon satisfaisante, laissant les contemplateurs se perdre en  vaines conjectures hasardeuses…car enfin pourquoi l’église chrétienne a-t-elle orné ses édifices religieux  du 11ème et 12 ème siècle de représentations scabreuses ?

Un   photographe chilien, Claudio Lange, s’intéresse depuis vingt ans à ce décryptage et tente d’en percer les mystères. Selon lui, cet art chrétien serait avant tout islamophobe, une forme de propagande anti-islamique imaginée par l’église catholique pour légitimer les croisades.

Le port de la barbe ou du turban, les sandales, la main posée sur la poitrine, Claudio Mange relève tous ces détails, à son sens, révélateurs. Tout concorderait pour identifier le musulman dans ces figurines.

Le photographe est intervenu au siège du Forum International de Bosnie au centre pour un dialogue interreligieux en 2006 sur ce thème de la propagande anti-islamique dans les sculptures romanes et a exposé ses photos au Musée de l’art islamique à Berlin.

Claus Josten a réalisé un film,  « l’ ennemi à nu »  (ici commenté sur un portail marocain) rediffusé le 22 février 2009 sur Arte, dans lequel Claudio Lange nous livre ses recherches et ses questionnements.

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L’image religieuse, vecteur de calomnie ?

Les organes sexuels surdimensionnés des figurines qui copulent, se masturbent, s’enivrent, s’adonnent à la prostituion ou à la zoophilie seraient censés attiser la haine des chrétiens contre les musulmans pour leur faire prendre les armes.
Selon Lange cette représentation visuelle au coeur des cités, permettait à toute la population  chrétienne de s’imprégner quotidiennement de cette certitude : les musulmans seraient  porteurs de toute la décadence du monde.

La controverse de Compostelle .

Le film « l’ennemi à nu » donne aussi la parole à des détracteurs de cette interprétation idéologique.
Evidemment nul ne peut attester de rien, une interprétation étant par nature incertaine.
Il est juste curieux de ne pas pouvoir trouver sur internet de réactions de la communauté des historiens de l’art roman sur ce décryptage .

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