j’arrive de la planète ARTE, qui se vante de proposer un espace de libre expression sur sa plateforme de blogs.
je n’ai publié que de modestes textes, en rien subversif.
cependant, quasiment à chaque texte publié, les modérateurs de façon autoritaire et sans en donner le motif me les mettent hors ligne .
or, il se trouve que rien dans les textes censurés ne justifie cette censure. Après maintes protestations j’ai réussi à me faire remettre en ligne la plupart, hormis le dernier, intitulé “le silence de l’adieu“.
je trouve tout à fait inquiétant, sinon dangereux, que des modérateurs puissent confisquer les mots des blogueurs qui n’injurient ni personne ni marque, au seul gré de leurs humeurs.
ARTE -BLOG est à ma connaissance le seul hébergeur qui se permette ce genre de chose. Or, ARTE est avant tout un média. En cela, cette censure est intolérable et édifiante.
je publie ci-dessous mon dernier texte censuré et le mail d’ARTE, afin que l’on puisse mesurer ce qu’ARTE ne tolère pas sur son espace de libre expression:
Message du 10/01/09 18:27
> De : blogs@arte.tv
> A : XXX
> Copie à :
> Objet : [blogs.arte.tv] – Mise hors ligne d’un message
“Votre message a été retiré de la communauté car vous n’êtes pas autorisé à tenir des propos agressifs à l’encontre d’une marque, d’un produit, d’un organisme ou d’une personne. Et ce de façon non argumentée”
Détails de la contribution :
> – date : le 10/01/2009 à 17:24
> – titre : le silence de l’adieu
> – rubrique : chuintements
> – message : “
> photo personnelle

Le silence de l’adieu.
Il a dit j’ai peur. Bien sûr c’était de mourir, puisque je le conduisais là où nous savions, lui et moi, qu’il allait mourir. Sa voix vibrante écrivait sa peur en pointillé. Je n’ai pas répondu. Juste lâché le volant d’une main que j’ai posée sur sa cuisse. Est-ce que les adieux se firent là, dans l’instant de ce silence oppressé, sans que n’ayons su nous dire les mots que l’on se dit quand on se quitte définitivement? Que dit une fille qui mène son père à la mort ?
Rouler jusqu’au trépas, sur un bandeau d’asphalte noir, l’esprit béant, cureté, le cadavre vivant de mon père encore jeune, sur le siège du passager. Chercher dans ma mémoire le fil conducteur qui mène à ce mutisme désolant. Tout ira bien papa. Dans mon souffle, papa expire. Les lettres dégringolent du mot paternel, papa n’est déjà plus audible dans ma bouche. Je l’ai déjà tué. Je suis interdite.
Plus tard, le lit blanc, son corps fantomatique, déjà évidé de l’essentiel, son ironie hargneuse, docteur il doit bien rester quelques organes, fossoyez, fossoyez. Ce silence dans la nuit de la chambre… Dans ce huis clos son corps reprend sa position foetale. Morphée se glisse dans la perfusion. Sa dernière cigarette lui échappe des doigts, brûle le drap que je rabats sur son corps nu squelettique. Je regarde le sexe de mon père pour la première fois, je suis fascinée, je le trouve beau, prêt à aimer, épargné par la maladie, j’avais oublié que mon père fut un homme.
Et puis ce fut fini. “
>
si vous concevez que ce texte qui conte la mort d’un père puisse être censuré, merci de m’en indiquer les raisons …