l’éros résistant

 

Elle, alors, vint se jeter à mes côtés, face contre terre, en criant :  cachez-moi ! cachez-moi !”

[...]d’un bond je m’allongeai sur elle, couvrant tout son corps avec le mien. Ses mâchoires claquaient d’effroi ; ses doigts griffaient l’humus comme pour s’y enfouir, ses membres étaient agités de sursauts frénétiques de même que sous  l’empire d’une crise  d’épilepsie. Je dus employer toute ma vigueur afin de la maintenir…Une seconde vague de bombardiers reprit l’assaut, avec une intensité dont je n’avais pas encore vu d’exemple..La fille se mit à me mordre  au creux de l’aisselle et à chaque déchirement de l’air, je sentais ses dents s’implanter davantage..elle écarta son visage de ma poitrine. Je m’apprêtais à me relever, mais elle me retint de toutes ses forces : “prends-moi, dit-elle, prends-moi”

Je demeurai abasourdi. Cette réaction de vie après la peur de la mort ne m’aurait pas surpris si nous avions été seuls. Mais son compagnon se trouvait à quelques mètres …[....]

vichy

 

Extrait - 

Patrick Buisson – 1940-1945 -   Années érotiques -  tome 1  * Vichy ou les infortunes de la vertu.  (Albin Michel )

 

 

Patrick Buisson, directeur de la chaîne Histoire, enquête sur  la face cachée des années “travail, famille, patrie” , quand la droite conservatrice et le modèle fascite rivalisaient pour imposer leur ordre moral.

Les injonctions officielles pour faire repentance étaient souvent vaines face aux urgences de vivre l’instant, quand la mort et la résignation rodaient, l’éros du désastre  n’avait alors que faire de ces empêchements à exister.

Cet ouvrage qui évoque l’époque politique, littéraire, artistique, et simplement  humaine, révèle la face cachée de l’occupation, celle des hommes et des femmes, qui choisissaient l’amour et le sexe comme ultimes recours de résistance à la guerre et à la mort.

larmes de mort

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l’enfance sacrifiée sur l’autel de Mars, l’enfant, arme de MORT, l’enfant dressé à la mort, à la traque de tout ce qui vit et bouge, l’enfant tueur nourri au sein de la guerre, l’enfant que le père arme , élevé sous le ventre de la HAINE, l’enfant abreuvé de sang gerbe secrètement son horreur dans son coeur serti de barbelés lorsqu’il viole et assassine, l’enfant soldat que l’homme engendre dans la putréfaction de son âme, CRIME contre l’humanité

Publié dans:  on 24 novembre 2008 at 13:58 Laisser un commentaire
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