
dessin de Laurie Lipton
Ca a fait toot toot…et le Mac s’est réveillé dans la chambre noire. Je sursaute dans mon sommeil sans rêve et écarquille les yeux comme une zombie, hypnotisée par ce charivari qui me tétanise.
L’écran explose et vomit des flots d’égo boursouflés et de je majuscules, un torrent de mots fluorescents dégringole de la lucarne béante charrié par un liquide d’humeurs troubles. Des mains tendues, des gémissements, des bouteilles à la mer, du fiel englué de miel, des rires, des pleurs, des bouches avides, des nombrils écorchés vifs bousculés par des sexes béants ou turgescents crèvent l’écran pour agrandir la brèche.
De la béance du Mac monte un vacarme d’injonctions d’amour et de reconnaissance, des cris apeurés polyglottes semblent sortir des abysses de la solitude internaute. Comme dans une effrénée course de spermatozoïdes, ces naufragés de la toile s’acharnent en se bousculant à grimper sur le lit pour me féconder.
le lendemain matin, je suis face à mon Mac et accouche d’un blog .