De mauvaise grâce et avant d’aller voir le film La délicatesse, j’ai voulu lire le livre que j’avais laissé de côté sur une pile depuis mal de temps, comme beaucoup de bouquins trop chroniqués qui m’ôtent toute envie de lire ce dont j’ai eu les oreilles rebattues, car enfin, quoi de plus beau dans la lecture que l’étonnement, l’impression de débarquer en terre inconnue,
d’être seul à la dénicher… j’aime ouvrir un livre un peu comme j’ aime marcher le matin très tôt sur une plage vierge de toute empreinte et non saccagée de milliers de traces de pas. C’est bien là toute la subtilité de l’art si difficile de la critique littéraire : dire sans dire…. susciter le désir sans trop vanter, ou même faire partager son déplaisir sans pour autant dégoûter. E t trop souvent, dans le cas des engouements, les chroniqueurs déflorent le livre et me coupent l’appétit.
bref…. je voulais lire le livre avant , puisqu’un film dénature toujours l’ouvrage dont il s’inspire, pire, fout en l’air la magie de l’imaginaire, car comment faire pour donner aux personnages du livre le visage que les mots de l’écrivain vous évoquent, à vous seul..après que le cinéaste a décidé pour vous au moment du casting….
Donc…je décide de lire La délicatesse de David Foenkinos, récompensé dix fois et traduit dans une vingtaine de langues…
Patratas…..le livre me tombe des mains dès la vingtième page, je m’ennuie c’est horrible, j’ai l’impression de lire un Delly … je n’y trouve pas de voix singulière, pas de style particulier, pas de rythme d’aucune sorte, c’est comme l’encéphalogramme du défunt mari de Nathalie…le calme plat…..je reprends ma lecture malgré tout, je m’oblige à aller jusqu’à l’épilogue puisque ce livre à récolté moult distinctions (voilà bien un truc pourtant que je ne fais jamais, je ne lis pas ‘obligée’ ), mais rien…je m’ennuie toujours autant. Certes, l’histoire est gentille et jolie, donc, délicate…dans ce monde de brutes, voilà, oui, c’est lénifiant et gentiment doux. Pour autant je ne comprends pas pourquoi ça a fait un tel tabac..et je n’ai plus du tout envie d’aller voir le film.
Comme je n’aime pas rester sur une lecture qui m’a laissée de marbre, j’ai pris sur la pile des livres non lus, le livre suivant, Les chaussures italiennes, de Henning Mankell que j”ai offert à une de mes amies cet été et qu’elle m’a prêté car je ne l’avais pas lu. N’ayant aucun talent de chroniqueuse littéraire, je ne vous dirai rien d’autres des Chaussures
italiennes que ceci :
ce livre est à lui tout seul 373 pages de délicatesse, de chaude émotion malgré les températures glaciales de l’île, d’amour emmitouflé par le temps qui passe, de pudeurs parfois impudiques, de solitude habitée, de violence et de douceur, de fêlures et de reconstructions, de tergiversations qui durent des vies, de joies et de renaissances même au bord de la mort.
Des chaussures que l’on garde toute une vie au bout des pieds.



Ah… Moi j’ai bien aimé.. Avec des réserves…
Merci d’avoir ajouté un lien qui m’a permis de remonter ne net jusqu’ici…
Et de découvrir que nous sommes de la même région…
Et de découvrir une auteure qu’il me plairait de lire…
Moi non plus, je n’ai pas pu aller au delà de la 20 ème page de “la délicatesse” et j’ai vraiment trouvé que c’était de la littérature de midinette. Ce qui est effrayant, c’est que ça “cartonne” en France et que ç’est largement traduit à l’étranger.
On doit être vraiment décalées.
Carmilla
je t’accorde bien volontiers que ce n’est que ma vision des choses, je ne la considère pas comme une vérite, rassure-toi, mais j’avoue avoir été très souvent déçue par un film tiré d’un livre que j’avais aimé. Et je n’ai pas apprécié le film tiré du hérisson…revu d’ailleurs récemment à la télé. En fait le visuel s’accorde (selon moi) mal avec l’écrit, et je m’étonne que ces derniers temps les cinéastes s’inspirent si souvent des livres, comme si ceux-ci n’avaient plus d’imagination pour créer des histoires.
merci de ta chronique, je ne suis pas toujours d’accord avec ce que tu énonces, il arrive qu’un film donne une autre approche d’un livre sans pour autant le dénaturer, c’est le cas du film “hérisson” tiré de l’élégance du hérisson…